Critique "True Grit"

Vacances obliges, les cinémas font le plein. Voilà une situation embarrassante que d’arriver un peu à la bourre à la caisse dont la file d’attente est peuplé de familles allant voir Animaux et Compagnie 3D dont le nom fait penser à un film de chez Disney mais où le "3D" en dit long sur l’intérêt du film !

Enfin, me voilà dans la salle pour True Grit, le western by les Frères Cohen nominé aux Oscars et dont les teasers et autres photos nous mettent l’eau à la bouche depuis de longs mois. Alors, c’est de la bonne ?!

SCENARIO: La vengeance est un plat qui se mange froid

Les Cohen nous emmènent au 19e siècle américain dans les contrées désertiques du sud où une jeune fille au tempérament bien trempé part venger son père au côté de deux chasseurs de primes à l’égo bien trempé !

C’est le remake d’un livre puis du film 100 dollars pour un shérif avec la légende John Wayne. C’est donc sur une idée simple que se base l’histoire mais étant donné les personnages à fortes têtes, l’aventure se voit ponctuée de points savoureux comme savent le faire les Cohen. Cependant ces derniers nous avaient proposés mieux, on ne cessera de comparer True Grit avec O’Brother même si l’époque n’est pas exactement la même.

PERSONNAGES/CASTING: La triplette

Du très lourd côté casting avec tout d’abord Jeff Bridges en chasseur de prime paresseux, adepte des boissons alcoolisées et plus que sûr de lui, un rôle qu’il endosse comme un gant ! Josh Brolin se retrouve lui dans la peau du léchant de l’histoire. Il n’apporte finalement pas grand chose et c’est bien dommage au vu du charisme de l’acteur, on l’aura sans aucun doute préféré dans No Country For A Old Man.

Matt Damon se retrouve dans la peau d’un Texas Ranger fière de lui et cela donne lieu à une vraie bataille d’égo entre lui et Rooster alias Bridges. Je n’approuve pas trop le choix de Damon, ce n’est pas un genre de rôle qu’il lui va même si il se débrouille bien, il n’a pas la gueule pour un western ! Malgré tout ces géants la jeune Hailee Steinfeld ne passe pas inaperçue, la finesse des dialogues lui confère une assurance quasi inébranlable.

Enfin, les acteurs prennent tous un gros accent sudiste (dans la VO bien sûr) pour accroître l’immersion.

MISE EN SCENE: A l’Ouest, rien de nouveau

Rien de transcendent à ce niveau là. On retrouve la patte des Frères Cohen qui rend le visionnage agréable. Certaines scènes sont vraiment excellentes mais trop peu nombreuses pour donner une autre dimension au film. Côté décors et surtout costumes c’est le top, peut être aurait il fallu un peu plus d’action car celle ci vient assez tard surtout que ces moments sont réussis.

BANDE SON: Pas beaucoup de cran

L’ambiance sonore joue beaucoup dans un western et quand on voit les chefs d’œuvres de Sergio Leone au cinéma ou l’incroyable expérience Red Dead Redemption en jeu vidéo, il est très difficile de ne pas être déçu par celle de True Grit. La bande son passe trop inaperçue et on ne se souvient pas d’envolé épique, même le morceau du générique ne sauve vraiment pas la mise. Pour ce qui est des bruitages, c’est tout bon en particulier les armes à feu.

INTERET:

Qui dit grosse attente dit risque de déception proportionnelle et c’est bien le cas pour ce True Grit. Après avoir vu les nombreux excellents films des Frères Cohen on ne pouvait qu’attendre mieux de leur part sur à peu près tous les points. Leur style est toujours là avec le petit côté humoristiques (mais trop discret) et les dialogues savoureux. Malheureusement le casting 4 étoiles ne sauve pas tout et True Grit est finalement un bon film mais sans plus. La réussite au Box Office US et la nomination (discutable) aux Oscars vont sans aucun doute cacher les déceptions. Moins croustillant qu’un O’Brother, on reste un peu sur sa faim !

Critique "Tron l’Héritage"

Je tiens tout d’abord à signaler que je n’ai jamais vu le premier épisode de Tron (merci de prononcer "Trone") sorti au début des années 80. Il faut dire que l’aspect technique révolutionnaire de l’époque est complètement dépassé aujourd’hui.

Cependant, le film reste une légende pour la communauté qu’il a formé, la culture geek a commencé il y a 30 ans et Tron en est presque un éloge.

Pour cette suite, qui aura mis beauuuucoup de temps à se mettre en place (eh oui Disney veut faire du blé suite au semi échec commercial du premier volet), il fallait donc, comme à l’époque, mettre le paquet le côté technique. L’arrivée de la 3D semble être le parfait moment de montrer le bout de son nez

SCENARIO: Loin d’être épais comme un tronc

L’histoire débute à la fin des années 80, on retrouve Kevin Flynn, créateur d’un monde virtuel, racontant ses déboires à son jeune fils Sam. Mais voilà que papa disparaît de la circulation et laisse son fiston à son propre sort, il est  alorsélevé par ses grands parents (plus de mère ?). A 27 ans, Sam reçoit un étrange message qu’i l’invite à ramener sa fraise dans un endroit oublié. C’est ainsi que le jeune homme va se retrouver dans le monde de Tron où il revoit ‘Pa qui est en fait coincé ici depuis tout ce temps ! Tout cela à cause de son machiavélique double appelé Clu qu’il avait pourtant créé à l’époque pour l’assister à concevoir un endroit parfait.

Comme on dit, ca ne casse pas trois pattes à un canard. Cela vire parfois un peu au méli mélo mais on finit par s’y retrouver.

PERSONNAGES/CASTING: Tron-binoscope

L’étoile de ce film est bien sûr l’oscarisé Jeff Bridges (Kevin Flynn) qui semble très à l’aise et heureux dans le même rôle qu’il a endossé en 1982. Il n’y aura donc pas de choc pour les fans de la première heure. Par contre il vaut mieux l’apprécier car n’oublions pas qu’il tient deux rôles dans le film avec  désormais son ennemi-clone: Clu. A ce propos, celui ci à le visage de l’acteur il y a 30 ans, du bon boulot à été fait par la branche des effets spéciaux.

Garrett Hedlund joue Sam, peut être une belle promotion pour la suite de sa carrière tout comme Olivia Wilde qui plus est ravissante.

Mon coup de coeur se porte sur Martin Sheen dans le rôle de Castor, une sorte de David Bowie bien déjanté !

On nous sort aussi le retour de Tron (le personnage) mais c’était franchement passable si c’était pour en faire un rôle très très secondaire qui ne parle pratiquement pas et refuse de retirer son casque (l’impoli !).

MISE EN SCENE: La taille pa-tron

L’argument de Tron 2 est l’ambiance, le style, les costumes,  la mise en scène et il faut dire que sur ces points c’est une pure réussite. Côté technique c’est vraiment excellent et cela permet de se rendre compte des capacités actuelles. Cette véritable claque graphique touche à l’apothéose lors des combats de disques ou des courses de lightcycles (les espèces de motos) dans des scènes à en perdre la vue. La 3D apporte cette touche virtuelle qui permet de s’immerger au mieux dans l’ambiance. Un véritable mix entre Star Wars et Matrix.

BANDE SON: Quand Batman rejoint Daft Punk

Eh oui, Cocorico. Comme la campagne commerciale de Tron l’a fait remarquer, la bande son est signée Daft Punk. Le côté réalité virtuelle se moule bien sur ce qu’on voit à l’écran avec plein d’effets qui rappellent les premiers jeux vidéos. A coté de cela il y a des envolées plus classiques mais il faut avouer que celles ci sentent limite le plagiat des BOF des derniers Batman, on identifie les intonations graves inaugurées par Hans Zimmer.

INTERET

Tron se veut l’héritage du premier volet. Effet de nouveauté passé, il a fallu mettre le paquet sur le côté technique avec des scènes d’actions époustouflantes, des effets spéciaux d’une très grande qualité et une 3D très réussie. La plus grosse baffe technique depuis Avatar. Les fans de SF devraient s’y retrouver avec pas mal de références en particulier Matrix (lui même ayant un air de Tron), Star Wars et même The Dark Knight avec la bande son un peu calquée… Il ne faut par contre pas aller comparer l’indéniable qualité des films que je vient de citer ;)

Cela permet aussi à Disney de reconquérir un public adulte et de se détacher de cette image de kid.

Par la même occasion, poser votre cerveau avant d’entrer, vous n’en aurez pas nécessairement besoin car au delà de la mise en scène, ca sonne un peu (trop pour les plus acharnés) creux.