Critique sans spoilers du pilote de la saison 2 de True Detective

Donc, True Detective a commencé sa nouvelle saison. Est-ce qu’on est surpris ? Non.

Comme annoncé, cette saison 2 propose une toute nouvelle histoire, de tout nouveaux personnages joués par un casting 5 étoiles venu du cinéma, et une action déplacée vers Los Angeles. Le style change de couleur, les accents changent de tonalité, l’atmosphère troque les odeurs poisseuses de Louisiane pour l’air sec, aride et pollué de la mégalopole californienne.

La saison 1 nous proposait une intrigue typiquement du Sud, avec ses meurtres rituels et des personnages flirtant avec le surnaturel de la région. Sans surprise, la saison 2 nous annonce une intrigue adaptée à son environnement autour d’histoires de gros sous, de sexe, de corruption et d’autoroutes, et nous présente pour cela un panel d’enquêteurs exposés aux horizons bétonnés de la Californie.

En un épisode, le cahier de charge établi par la saison 1 est rempli et bien rempli : lenteur artistique, alcool, sexe et corruption, états d’âmes et problèmes de famille, contradictions professionnelles, moustaches, regards lourds et répliques contemplatives sur l’absurdité du monde, sans oublier un meurtre sordide qui se déroule pour ainsi dire sous nos yeux.

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La moustache de Colin Farrell va-t-elle dépasser le talent de l’acteur ?

Est-ce que cela veut dire que c’est mauvais ou décevant ?

Oh que non ! Car l’intrigue et les personnages sont tous frais, comme de nouveaux jouets que l’on envie d’essayer. La direction artistique tient toute ses promesses et profite du rythme des séries pour nous offrir des tonnes de panoramiques plus envoûtants les uns que les autres au dessus des routes californiennes. Si l’intrigue est classique, on a hâte de la voir se dérouler.

True Detective, c’est un cadre artistique, et des personnages. Ceux là sont aussi typiques que disproportionnés (faisant passer pour normals les doses d’alcool ingurgitées, les gosses tabassés et les membres de la famille rencontrés comme de part hasard sur le chemin de l’intrigue). Mais ces personnages sont aussi parfaitement peints, avec suffisamment de touches réalistes pour qu’ils soient crédibles. Les acteurs bien connus du cinéma évitent à tout prix les cabotinages, et se laissent admirablement oubliés en se donnant à 100% à leur personnage. Un clignement d’œil de Vince Vaughn, un reniflement de moustache de Colin Farrell, un soupir de Rachel MacAdams ou un froncement de sourcil de Taylor Kitsh suffisent à donner une personnalité tout à fait séduisante et minimaliste à chacun de leur personnage.

Une fois de plus, le générique est une splendeur !
Une fois de plus, le générique est une splendeur !

Bref, s’il n’y a rien d’original dans cette nouvelle saison, c’est sans importance car le cinéma ne nous offre plus assez d’intrigue policière de cette sorte qui savent prendre le temps de présenter leur ville et leurs personnages, et de nous dresser des intrigues bien montées. Si la recette est connue, l’exécution est parfaite. L’esthétique visuelle et musicale du film fonctionne comme une voix off : la narration est si réussie que l’on n’a pas besoin de dialogues nous expliquant ce qu’il se passe à l’écran.

Bref, en ouvrant cette nouvelle saison, on a l’impression de commencer un nouveau roman policier d’un auteur au style bien connu et savoureux (le simple nom des épisodes est un régal : The Western book of the Dead).

La ville, au même titre que les personnages, a le beau rôle !
La ville, au même titre que les personnages, a le beau rôle !

Quelques nouvelles tout de même à souligner : une atmosphère planante et rêveuse dans l’aridité des grosses villes californienne, et en format série, ça a un goût nouveau et savoureux. Et la promesse d’une série à quatre voix plutôt que deux dans la première saison devrait permettre une série chorale plus variée : un truand, un détective, une enquêtrice, et un flic de la route, voila qui devrait faire des étincelles !

Bref, alors que les policiers se retrouvent réunis par un meurtre bizarre, que l’aube se lève et qu’une chanson de Nick Cave retentit, on a qu’une hâte : se laisser happer par cette nouvelle saison !

CTCQJ-approved

Et puis avec le superbe générique d’introduction accompagné d’une chanson de Léonard Cohen, que demander de plus ?

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Cinévore reconverti dans les séries. J'adore parler de mes relations fusionnelles avec les films et séries qui ont su me séduire ! Spécialité : Séries

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