The Get Down, c’est la partie rythmique des vinyles qui fait vibrer la jeunesse du Bronx. Le hip hop naît dans les ruines du ghettos que Ezekiel, Shaolin et leurs potes tentent de révolutionner comme une façon de s’extirper de la misère. C’est aussi ce que veut Mylene, prête à tout pour s’imposer comme chanteuse disco même si cela veut dire plonger dans le monde des malfrats, des maisons de disques, de la politique et aller à l’encontre de sa famille pentecôtiste. Bienvenue dans le Bronx en pleine révolution musicale !

Comment demander à Baz Luhrmann, un réalisateur incapable d’écrire, de mettre en scène un dialogue, ou de diriger des acteurs, de devenir le showrunner d’une série ?

Le principe d’une série, quand elle n’est pas un feuilleton, est justement de proposer des personnages bien écrits dont les relations évoluent au fur et à mesure, et à plus forte raison quand il s’agit d’une série qui se veut historique sur la naissance du hip hop et l’hégémonie du disco au coeur du Bronx des années 1980. Le résultat ne se fait pas attendre : le pilote est un gros n’importe quoi prétentieux : les scènes sont amenées sans aucune finesse ni aucun sens (absurde scène de la salle de classe initiale). Le réalisateur crie au spectateur « regardez comment on a reproduit l’ambiance de l’époque ! » en intercalant la série avec des images d’archives du Bronx, qui ne font que montrer à quel point celui de de la série est un bidonville en carton-pâte rose bonbon. On se retrouve avec des clichés tirés des films sur cette époque où les personnages déclament qu’ils vivent dans la misère et la réalité, alors que tout dans la réalisation sonne faux. Le milieu du disco était sans nul doute haut en couleur, mais cela ne fait que rendre les groupes de personnages plus caricaturaux les uns que les autres. On en arrive au résultat paradoxal de savourer les choix musicaux, alors que le cerveau se révulse face à la construction ridicule de l’épisode et des scènes.

Pourtant, The Get Down est une série très sympathique.

get down
Pourquoi ? Parce que si le showrunner australien est un réalisateur lamentable il est très bon pour la comédie musicale et les scènes de danse. Et c’est très pratique puisque ces séquences constituent les moments clés du film, et sont tout ce vers quoi tendent les personnages. Du coup, le long pilote récompense notre patience avec une séquence sur la scène de disco et une scène dans un concert de hip hop électrisantes qui nous font aimer les talentueux personnages : la jeune hispanique qui se rêve diva du disco, le jeune du quartier au flow impeccable et son sidekick roi du ghetto qui impulse du pop dans l’affaire.

La série s’améliore au fur et à mesure des épisodes, car de vrais réalisateurs prennent la main (notamment Ed Bianchi, vétéran de Deadwood et Boardwalk Empire), et rendent très sympathique cette histoire de gamins vivants dans un Bronx fantasmé épicé par de la musique. On finit par pardonner sans peine le scénario pas très original, en attendant la prochaine séquence musicale qui nous fera vibrer avec les sons des années 80 et le rythme du dance floor. Les réalisateurs succédant à Baz Luhrmann arrivent même à instaurer du suspense et des émotions dans de magnifiques séquences d’improvisation musicales, ou de black-out sur New York.

Au final, The Get Down est une sorte de comédie musicale étalée en série qui se regarde (et surtout s’écoute) avec plaisir, et on remercie Luhrmann d’avoir investi tant d’argent, de décors, de costumes et d’égo dans cette playlist haute en couleur.

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Cinévore reconverti dans les séries. J'adore parler de mes relations fusionnelles avec les films et séries qui ont su me séduire ! Spécialité : Séries

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