On est en 2015, et on se dit qu’on commence à avoir fait le tour des super-héros Marvel et des histoires de détectives. Et puis on reçoit un cadeau de Netflix plus réjouissant qu’un paquet au pied du sapin.  C’est très bien filmé, ça a une vraie identité, ça fait 13 épisodes, et encore mieux, ça ne laisse pas indifférent : c’est Jessica Jones, et c’est fantastique.

Jessica2

Jessica Jones est donc une « Super », mais qui n’a pas de costume moulant. Elle n’a pas non plus d’origin story (en tout cas pas pour l’instant) qui expliquerait comment elle a obtenu ses pouvoirs. Elle est super forte et quand elle veut, elle saute haut, comme Netflix en fin de compte. Sauf que Jessica Jones est d’abord une détective privée, et elle est davantage définie par son penchant pour l’alcool et ses expériences passées que par ses pouvoirs. Elle fait tout de même partie de Hell Kitchen, ce quartier de New York dont la densité de gens avec des pouvoirs spéciaux est plutôt élevée. Quelques personnages ont d’ailleurs des habiletés non pas cools comme cela l’est trop souvent dans les aventures de super-héros, mais plutôt inquiétantes.

Jessica Jones est aussi une anti-héroine : elle n’est pas spécialement belle (et Krysten Ritter qui l’incarne n’est pas spécialement bonne actrice), son monde est froid et poisseux et plus proche des films noirs et enquêtes de Philip Marlowe que de New York – unité spéciale. Avec son atmosphère rock, on pense souvent à Lisbeth Salander, mais sans la technologie qui vient à la rescousse de toute les enquêtes, et avec un accent américain nettement plus prononcé.

Jessica3

En fait, ce qui rend la série si délicieuse, c’est ce qu’elle n’est pas : elle n’est pas une suite d’enquêtes feuilletonesque habituant le spectateur à une routine dès le premier épisode, elle a des seconds rôles typiques, mais pas naïfs, elle vise un public large, mais ne sacrifie rien à la réalisation ou aux scénarios, elle a une certaine forme d’humour noir liée aux défauts du personnage. Elle n’a pas de méchants hauts en couleur et caricaturaux qui changent à chaque épisode, mais au contraire, un David Tennant en pleine forme qui a sans doute accepté ce rôle car il est plus glaçant que ce qu’on pouvait attendre, sans pour autant tomber dans le cynisme du grand méchant qui ricane dans l’ombre.

Ai-je aussi précisé que Jessica Jones était une femme ? Peut-être ai-je oublié car même si c’est avec une joie immense qu’on découvre un personnage féminin de ce type, bien trop rare sur le grand et le petit écran, ce n’est pas son sexe qui définit son personnage. Tout au plus cela rajoutera de la densité à l’intrigue, tant le passé qui unit Jessica au méchant semble avoir toutes les caractéristiques d’une femme essayant de se remettre d’un viol (dans cette série, le viol de sa pensée par un méchant qui les contrôle).

En fait, Jessica Jones est une série avec des super-pouvoirs, mais qui est avant tout une enquête avec un vrai suspense, une vraie étude de personnages, et une ambiance parfaitement établie. On terminera tout simplement en disant que chaque plan de la série semble sorti d’un comics bien noir et captivant, avant d’aller enchaîner sur un autre épisode.

CTCQJ-approved

Jessica Jones

 

About the author

Cinévore reconverti dans les séries. J'adore parler de mes relations fusionnelles avec les films et séries qui ont su me séduire ! Spécialité : Séries

Related Posts

Facebook Comments

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You may also like

The Get Down : n’importe nawak musical

The Get Down, c’est la partie rythmique des