Les Editors sont de retour quatre ans après un album un peu décevant. Entre temps, le guitariste Chris Urbanowicz a quitté la formation pour divergence de point de vue. Un coup dur qui permet aux britanniques de faire évoluer leur musique pour quelque chose de plus mélodique. Quant à Tom Smith, son album avec Andy Burrows n’a pas été vain pour développer sa voix si spéciale et son envie de proposer des balades. « Le poids de ton amour » marque un changement également au niveau des paroles car c’est la première fois que les Editors parlent clairement d’amour mais toujours avec leurs mots !

Les Editors veulent remettre les pendules à l’heure et le premier trio de morceaux sonne le glas de ce renouveau sans pour autant brusquer les amateurs. Ce qui sonne rapidement aux oreilles c’est l’abandon des sonorités machinales qui ont fait le succès du groupe. La plupart des morceaux de l’album sont nettement plus mélodiques, Editors cherche incontestablement à se renouvellement. The Weight ouvre l’album avec des effets electro baveux et des percussions qui prennent aux tripes rappelant le dernier album de Depeche Mode. Sugar prend la suite avec comme fil conducteur une grosse ligne de basse distordue qui mène dans des contrées musicales envoutantes sur le refrain et des segments aux accents orientaux sensationnels.

A Ton Of Love termine ce trio innovateur dans un style bien plus classique et très éloigné des sonorités habituelles des Editors. Ce premier single a un côté U2 très marqué avec les guitares claires et la voix de Tom Smith qui cherche à présent les aigus. Tout au long de l’album le chanteur cherche à élever la voix autrement qu’en poussant les graves, encore un élément du changement adopté par le groupe. What Is Thing Calling Love illustre parfaitement cela, Smith se lâche dans les aiguës et tente d’utiliser toutes ses capacités vocales.

Musicalement, l’album ne retrouve pas la toute puissance des deux premiers morceaux. Un peu de regret mais à force de réécoutes on prend grand plaisir à découvrir Honesty, Formaldehyde et Hyena qui sont en plus fantastiques en acoustique (voir l’édition 2CD de l’album). The Phone Book serait peut être le morceau qui se rapproche le plus du style Editors, une balade à donner envie de taper du pied. La voix de Smith envoute les oreilles entre quelques accords de guitares à la M.Ward.

La piste 11, Bird Of Prey, clos l’album avec classe grâce son côté outro qui reprend bien l’ensemble des nouveautés présentent dans The Weight of Your Love. Une joli conclusion a un album qui mérite clairement le détour.

Les remous internes du groupe l’ont amené à réinventer sa musique, chercher à faire évoluer un style ayant déjà atteint son apogée sur l’exceptionnel An End As A Start. Pas forcement convainquant aux premières écoutes, The Weight of Your Love prend toute sa mesure avec le temps. Ce prix de l’originalité tout a fait louable ne serait il pas le signe des grands albums ?

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Fondateur de CTCQJ un poil cinéphile mais aussi rockeur du dimanche, historien déchu, astronome nul en maths et amateur de foot croate. Spécialité: cinéma.

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