Détails sur le produitLorsqu’Oasis est apparu sur le devant de la scène en 1994, Noel Gallagher avait déclaré: « Oasis reprend les choses là ou les La’s les ont laissées ». Cette citation laisse entrevoir le respect qu’il avait pour ce groupe unique dans l’histoire du rock, originaire de Liverpool. Unique de par son histoire un peu chaotique et dans la mesure où le leader Lee Mavers et les nombreux hommes qui l’ont côtoyé (dont le batteur Chris Sharrock qui rejoindra Oasis à la fin de leur carrière) avaient tout pour conquérir le monde grâce à leurs superbes chansons mais ce ne fut malheureusement pas le cas. Les La’s laissent derrière eux un seul album et un immense potentiel gâché en majeure partie par le caractère extrêmement difficile de Lee Mavers. S’il fallait lui trouver un alter ego, on pourrait le rapprocher sans hésitation d’un Brian Wilson pour son perfectionnisme maladif et les frustrations qui en ont découlé. C’est bien simple: il a consacré une partie de sa vie, engagé plusieurs producteurs dont Steve Lillywhite connu pour son travail avec U2 et Peter Gabriel, viré de nombreux musiciens pour l’enregistrement de son unique album qu’il a finalement renié avec une violence inexplicable (« ce disque est une pourriture ») !

Pourtant lorsque les mélodies des La’s parviennent à nos oreilles, on finit par se demander de quelle planète il venait. En effet, The La’s est un disque qui regorge de chansons gracieuses où Mavers a parfaitement assimilé les leçons des groupes musicaux des années soixante (les Small Faces en particulier). Bien qu’il n’atteindra que le n°30 des charts britanniques et le n°196 des charts américains, la qualité des morceaux n’échappera pas au radar des critiques et de nombreux musiciens comme, nous l’avons vu Oasis mais aussi Pearl Jam qui reprendra Timeless Melody lors de sa tournée européenne en 2000. Sans oublier Paul Weller, l’ex-leader des Jam qui considère There She Goes comme l’une des meilleures chansons dans l’histoire du rock britannique. Les deux chansons citées sautent immédiatement aux oreilles mais d’autres titres comme Son Of A Gun, Liberty Ship ou IOU sont tout aussi irrésistibles.

Mais étant donné le comportement excentrique de Lee Mavers, la messe était dite quant à la carrière du groupe dont les tentatives pour donner une suite à ce premier opus avorteront. En outre, les quelques fois où le groupe se produira sur scène à l’avenir resteront assez catastrophiques (dont un passage au festival Rock En Seine en 2011). Reste cet album qui n’est pas une mince contribution à l’histoire du rock et les dires de son créateur qui ne sont pas paroles d’Évangiles n’entachent en rien le plaisir ressenti à l’écoute de ces chansons.

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Musicophage invétéré vivant au rythme de riffs grisants et autres lignes de basses cataclysmiques. Spécialité: musique rock.

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