Détails sur le produitDerrière le nom d’Eels, se cache un personnage principal: Mark « E » Everett entouré de plusieurs musiciens. Celui-ci a rencontré un beau succès public et critique en 1996 avec l’album Beautiful Freak (vous savez, l’album avec la fillette aux grands yeux globuleux sur la pochette) et son tube « Novocaine For The Soul ». Pourtant lorsque paraît son successeur, Electro-Shock Blues, 2 ans plus tard, ce dernier remporte les louanges des critiques mais se heurte à un échec commercial. Comme s’il avait pressenti ce four, Mark « E » Everett avait annoncé lors de sa parution: « si Beautiful Freak était ma carte de visite au monde entier, Electro Shock Blues est le coup de téléphone dans la nuit auquel personne ne veut répondre ». Il faut savoir qu’à cette époque, le musicien a dû affronter une série de drames personnels: le suicide de sa sœur et la mort de sa mère d’un cancer. Sur les conseils de ses amis, il va exorciser son chagrin dans la musique qui est comme chacun le sait le meilleur des remèdes. Electro Shock Blues est donc un album thérapeutique pour lui et l’un des albums les plus poignants des années 90. S’il fallait lui trouver un équivalent musical, Tonight’s The Night (1975) de Neil Young et Magic And Loss (1992) de Lou Reed seraient les disques tout désignés.

Il suffit de parcourir la liste des titres pour se faire une idée de ce qui attend l’auditeur: « Elizabeth On The Bathroom Floor », « Going To Your Funeral », « My Descent Into Madness » et il est impossible de rester de marbre devant des paroles comme « but waking up is harder when you want to die » ou « they carry the dust that was you ». Musicalement, on se situe entre Beck, Neil Young et Randy Newman et il suffit de se laisser séduire par la beauté fragile des mélodies qui ne tombent jamais dans le pathétique. L’émotion s’installe chez l’auditeur et grandit au fur et à mesure que le disque progresse d’autant plus que certains titres ont une portée poétique comme « Climbing To The Moon » et heureusement que le disque se conclut par un titre optimiste, « PS: You Rock My World » (je dois avouer que j’ai presque les larmes aux yeux quand je le prononce!). Malgré sa légère ambiguïté, le refrain dit tout: « maybe it’s time to live ». C’est en effet, le but de toute vie: traverser les épreuves de deuil, en tirer des conclusions pour mieux vivre l’avenir.

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Avec un album aussi sombre, il n’était pas surprenant que le public se détourne de ce chef-d’œuvre. La maison de disques a même tenté d’en retarder la sortie. Mais comme l’a justement fait remarquer le site All Music Guide: « c’est l’un des albums les plus accomplis de 1998 et un must à écouter ». Il serait préférable de ne pas l’écouter si vous avez le moral dans les chaussettes mais croyez-moi, « it’s a rewarding listen » comme disent les Anglo-Saxons!

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Musicophage invétéré vivant au rythme de riffs grisants et autres lignes de basses cataclysmiques. Spécialité: musique rock.

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2 Comments

  1. Salut xavier,

    J’apprécie ta comparaison avec Tonight’s the night, qui est à mon avis excellente. Peu d’albums sont si sombres si beaux si poignants. Néanmoins le grand Neil avait un truc en plus que eels à mon avis, qui est, la talent pur et l’originalité. Je te concède néanmoins que Neil a une belle tête d’anguille, d’ou peut-être le nom d’artiste de eels? As tu des infos à ce propos?

    Sur le fond je trouve que c’est un peu du sous Lou Reed (RIP..), en plus larmoyant et en moins émouvant; ainsi que du Jeff Buckley sous sédatif. Du jeff Beck ? Mouais ça doit dépendre des oreilles j’imagine..

    Depuis 1995 la mienne ne s’est pas améliorée.

    Rory

  2. Salut Rory.
    D’abord une précision: je mentionne Beck dans ma chronique et il n’a rien à voir avec Jeff Beck. Le premier est un musicien américain touche-à-tout question style musicaux. Le second est un célèbre guitariste britannique. Ensuite Mark E Everett a choisi le nom d’Eels pour des raisons alphabétiques! En effet, il voulait apparaître en premier à la lettre E dans un dictionnaire consacré au rock. Malheureusement pour lui, avant Eels, il y a les Eagles et Earth, Wind & Fire. Question originalité, c’est vrai, Eels n’a rien inventé et Neil Young est quand même très supérieur sur le plan musical. Mais tu as raison, c’est une question de goûts personnels. Pour ma part, l’émotion est bien palpable mais de là à parler de larmoiement….
    Merci en tout cas pour ta réaction.

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