Détails sur le produitJe n’irai pas par quatre chemins: l’album éponyme de Blur paru début 1997 est le meilleur album du quartet et pourtant il représente un album atypique dans la discographie de ce grand groupe britannique. La pochette orange qui représente une photo floue d’un malade transporté sur un brancard en est une métaphore assez saisissante. Comment la bande à Damon Albarn en est-elle arrivé là? Pour bien le comprendre, il faut quasiment reprendre le déroulement de la carrière du groupe. Au cours des années 90, Blur a su digérer ses influences musicales (Wire, XTC pour la musique; les Kinks pour les paroles) pour créer un son reconnaissable entre mille. Démarche payante tant sur le plan artistique, qui a vu l’explosion de la Britpop, que commercial puisque Blur devient le principal rival d’Oasis. C’est précisément ces deux raisons qui vont pousser le groupe à changer son fusil d’épaule et adopter une démarche musicale artistique différente de tout ce que le groupe a produit jusqu’en 1997. D’autant plus que la « gueguerre » avec Oasis se soldera par une défaite pour eux. What’s The Story Morning Glory? d’Oasis battra tous les records de vente au Royaume-Uni et aidera le groupe à percer aux Etats-Unis tandis que le succès, quoique considérable de the Great Escape de Blur retombera assez vite. En outre, dans plus d’une interview, Damon Albarn reprochera à de nombreux groupes ayant profité de l’engouement de la Britpop de ne pas dévier d’un pouce de leur recette musicale.

[youtube_sc url= »http://www.youtube.com/watch?v=Wc18xt5wQnk& »]

En 1996, pour enregistrer leur cinquième album, le groupe s’expatrie en Islande et commence à se pencher sérieusement sur la musique indépendante américaine de l’époque et tout particulièrement Sonic Youth et Pavement. Pour autant, le groupe n’oublie pas son passé musical qu’il incorpore adroitement à ses nouvelles influences. Le morceau d’ouverture, Beetlebum s’avère très « Lennonesque ». Song 2, judicieusement classée en deuxième position et durant 2 minutes a le parfum de Nirvana et ironie du sort sera classé n°2 dans les charts britanniques. L’explosif Chinese Bombs et le lancinant Essex Dogs rendent hommage de façon convaincante à l’underground américain. Fort de ses expérimentations sonores, le groupe réussit à créer des climats tantôt envoûtants, tantôt menaçants et le guitariste Graham Coxon qui est véritablement le centre de l’album prouve qu’il est l’un des guitaristes les plus doués de sa génération.

[youtube_sc url= »http://www.youtube.com/watch?v=-UFgG_Ym5iM& »]

L’album réussira à imposer Blur sur le continent américain (bon, il n’atteindra que le n°61 des charts américains mais c’est la place la plus haute que le groupe ait réussi à décrocher pour un album) et récoltera les faveurs du public mais s’attirera quelque peu les bouderies de la critique. Aujourd’hui, elles en sont revenues et l’on considère « Blur » comme une grande réussite artistique.

About the author

Musicophage invétéré vivant au rythme de riffs grisants et autres lignes de basses cataclysmiques. Spécialité: musique rock.

Related Posts

Facebook Comments

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You may also like

Back From Rio (de Roger McGuinn)

Comme l’a écrit Philippe Manoeuvre dans le deuxième