Détails sur le produitAudioslave est ce que l’on appelle dans le jargon du rock, « un supergroupe ». Cette étiquette créée par des journalistes dans les années 60 désigne une formation musicale comprenant des musiciens célèbres ou du moins, qui ont acquis une certaine notoriété. Parmi les supergroupes marquants de l’histoire du rock citons Cream, Crosby, Stills, Nash & Young, les Traveling Wilburys ou le dernier en date à avoir fait parlé de lui, Atoms For Peace (je vous laisse le soin de découvrir les artistes qui se cachent derrière ces noms!).

Logiquement, sur le papier, un tel rassemblement de talents laisse espérer de bien belles choses musicales. Mais la réalité est bien souvent en-deçà des attentes! Le plus souvent miné par des problèmes d’égo, beaucoup de ces supergroupes ont enregistré des albums tout à fait honorables mais qui n’évoquent que de très loin le passé glorieux des musiciens. Comme l’a souligné le journaliste Chris DeVille en 2008: « un potentiel tellement gaspillé ».

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Mais qui se cache derrière Audioslave, supergroupe ayant tout de même réussi à sortir trois albums au cours des années 2000 ? Et bien, il s’agit de Rage Against the Machine sans Zach De La Rocha, remplacé par le chanteur de Soundgarden, Chris Cornell. Le quatuor sort son premier album à l’automne 2002 et si ce premier effort rencontre le succès auprès du public, la critique fait la fine bouche et le compare inévitablement à un amalgame RATM/Soundgarden. Ces critiques étaient-elles justifiées? Oui et non. Certes, le groupe a de l’énergie et de solides compositions à revendre. Plusieurs titres ont été des tubes calibrés tels que Cochise, Show Me How To Live ou What You Are et l’on aurait mauvaise grâce à bouder son plaisir. La section rythmique basse/batterie est de béton. Tom Morello démontre une fois de plus qu’il est l’un des guitaristes les plus innovants des années 90 tandis que la voix de Chris Cornell n’a rien perdu de sa puissance. Seulement voilà. Il y a superposition mais rarement fusion. Prisonnier du son de ses groupes antérieurs, la bande livre sans surprises majeures les chansons telles que l’on se les imaginait et ne privilégie pas suffisamment la prise de risques musicale qui aurait permis au disque de prendre une autre dimension. En outre, on peut également noter un manque d’inspiration ce qui aboutit au final à un album quelque peu terne.

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Ceci étant, le public suivra et incitera le groupe à persévérer. Leur deuxième album, Out Of Exile (2005) traduira de nets progrès dans la création de leur identité musicale. Pour l’heure, le premier album d’Audioslave entre dans les caractéristiques des supergroupes: « écoutable à défaut d’être inoubliable ».

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Musicophage invétéré vivant au rythme de riffs grisants et autres lignes de basses cataclysmiques. Spécialité: musique rock.

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