Blood Sugar Sex Magik (des Red Hot Chili Peppers)

RedHotChiliPeppersBloodSugarSexMagik

Cette œuvre maîtresse des Red Hot Chili Peppers constitue l’aboutissement de plusieurs années de recherches, de tâtonnements, d’expérimentations et d’influences musicales diverses finalement digérées qui ont enfin porté leurs fruits. Anthony Kiedis (chant), Flea (basse), John Frusciante (guitare) et Chad Smith (batterie) ont mangé de la vache enragée pendant un bon bout de temps et cet apprentissage ne s’est pas fait sans drames (la mort du guitariste Hillel Slovak en 1988 par overdose). Mais la formule musicale petit à petit mise au point par les membres composée d’une tranche de funk, d’un gros morceau de métal, le tout saupoudré de punk est arrivée à maturité lors de la publication en septembre 1991 de ce Blood Sugar Sex Magik. Avant cela, le public avait commencé à s’intéresser à cette bande de joyeux drilles, notamment en 1989 avec la sortie de Mother’s Milk où une reprise galopante de Higher Ground de Stevie Wonder a fait une incursion dans les charts de singles américains. Ce fut un essai très encourageant pour le groupe qui, fraîchement signé chez Warner Brothers souhaitait pour son prochain album mettre les bouchées doubles. D’autant plus que l’image de débridés sexuels avait fini par leur coller à la peau et leur ôter de la crédibilité en tant qu’artistes sérieux.

Pour cette raison, le producteur Rick Rubin qui a réalisé un travail d’orfèvre avec les Beastie Boys, Slayer ou the Cult va prendre les choses en main et ce sera le début d’une longue et fructueuse collaboration entre lui et le groupe dont on pourrait dire qu’il sera le cinquième membre et leur mentor. Courant 1991, le groupe s’attèle à l’enregistrement de Blood Sugar Sex Magik au studio « the Mansion », manoir de Los Angeles, réputé hanté ce qui n’a nullement entravé leur créativité. Au final 17 titres seront sélectionnés sur un total d’environ 25 et les trois termes qui viennent à l’esprit lors de l’écoute du produit fini sont: homogénéité, cohérence et efficacité. Presque toutes les chansons semblent vivre les unes avec les autres et l’on serait bien en mal de devoir ôter l’une ou l’autre de ces compositions. La force du groupe est d’avoir réussi à maintenir un tel niveau d’excellence sur plus de 70 minutes sans qu’à aucun moment l’attention ne se relâche. Mêmes les atypiques Breaking the Girl et bien sûr Under the Bridge se fondent complètement dans la masse uniforme crée par un groupe au sommet de son art et débordant d’idées musicales. Bien sûr, le sexe est au cœur des préoccupations de Kiedis (Suck My Kiss, Sir Psycho Sexy, my Lovely Man) mais aussi ses déboires avec la drogue et il faudra toute la force de conviction de Rubin pour enregistrer et inclure Under the Bridge dans le disque. Démarche payante puisqu’elle offrira au groupe son plus grand succès (n°2, USA).

Mais le triomphe critique et commercial réservé au groupe l’ébranleront dans ses certitudes, notamment avec le départ du guitariste surdoué John Frusciante en pleine tournée japonaise l’année suivante et la rechute de Kiedis dans la dope alors que la mise en boîte d’Under the Bridge se voulait exorcisante pour lui. Heureusement 25 ans après, le groupe est toujours là même si Frusciante qui avait réintégré le groupe à la fin des années 90 finira par le quitter définitivement une dizaine d’années plus tard. En attendant Blood Sugar Sex Magik est l’album le plus accompli des Red Hot Chili Peppers.

About the author

Musicophage invétéré vivant au rythme de riffs grisants et autres lignes de basses cataclysmiques. Spécialité: musique rock.

Related Posts

Facebook Comments

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

You may also like

Back From Rio (de Roger McGuinn)

Comme l’a écrit Philippe Manoeuvre dans le deuxième