Automatic For The People (U.S. Version)CTCQJ accueil un nouveau rédacteur ! Xavier se joint à moi pour vous faire découvrir ou redécouvrir les perles de l’histoire du rock. Pour commencer du bon pied, c’est R.E.M. qui est à l’honneur (et ce n’est pas la première fois sur sur le blog) avec le magistral Automatic For The People. Bonne lecture, et surtout bonne écoute ! [00ced]

Lorsque R.E.M. rentre en studio pour enregistrer leur œuvre maîtresse en 1992, on ne peut pas dire que les membres du groupe soient sur un petit nuage. Certes, leur album précédent, Out Of Time (1991) et ses tubes Losing My Religion et Shiny Happy People leur ont permis de conquérir définitivement la planète et en particulier les pays où ils étaient encore considérés comme un groupe culte dont la France. Pourtant ce succès ne réussit pas au groupe qui va explorer des thèmes, généralement en retrait dans la culture rock comme la mort, le regret ou la mélancolie. Ces thèmes vont servir de catalyseur pour l’écriture de leur huitième album.

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Depuis leur premier album, Murmur (1983), le groupe n’a eu de cesse de se renouveler musicalement parlant, explorant sans cesse de nouvelles voies et la formule fut payante puisque la carrière du groupe a été suivie par une popularité croissante. Kurt Cobain affirmera qu’R.E.M. « gérait son succès comme des saints ». Donc, plutôt que de sortir un Out Of Time « bis », R.E.M. préférera se fier à son intuition musicale et spirituelle, toujours sous la houlette du producteur Scott Litt depuis Document (1987). Nous avons affaire à une collection de chansons graves, envoûtantes où seules deux d’entre elles ont un tempo rapide: The Sidewinder Sleeps Tonight et Ignoreland, brisant momentanément la tristesse sous-jacente de l’album. Pourtant, au fur et à mesure que le disque se déroule, le charme agit, d’autant plus que le disque inclut de nombreux sommets comme Drive (que le groupe jouera en version funky lors du Monster tour de 1995), Man On The Moon sur le comédien Andy Kaufman, et surtout Everybody Hurts relayant réellement un sentiment de consolation et de réconfort. Ne faut-il pas y voir le massage caché de l’album? Aller de l’avant en comprenant ses malheurs et ceux des autres? « Malheureux doit trouver plus malheureux que lui ! ». Cette citation pourrait très bien s’appliquer à Monty Got A Raw Deal sur la vie tragique de l’acteur américain Montgomery Clift tandis que Find The River contient ces paroles pleines de sens: « I’ve got to leave and find my way ».

Enfin, il ne faut pas ignorer le remarquable travail de l’ex bassiste de Led Zeppelin John Paul Jones au niveau des arrangements. On regrettera un faux pas: l’instrumental New Orleans Instrumental n°1, à part dans cet album magnifique. J’aurais bien imaginé la ballade Fretless à la place et qui sait la tournure qu’aurait pris l’écoute de ce chef-d’œuvre.

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Bref! Vous l’aurez compris, c’est assurément avec cet album qu’R.E.M. accède à la maturité artistique, statut qu’ils n’ont depuis que rarement retrouvé par la suite jusqu’à leur séparation en 2011. C’est également la preuve que l’on peut enregistrer un album de ce calibre sans être sous le contrôle total d’une grosse compagnie (la Warner).

A lire aussi:
– Retour sur… Up (de R.E.M.)

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Musicophage invétéré vivant au rythme de riffs grisants et autres lignes de basses cataclysmiques. Spécialité: musique rock.

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2 Comments

  1. Ça fait longtemps que je réfléchissais à laisser un petit commentaire sur cet album. Il y a peu de mots pour faire ressentir ce qu’il a apporté dans ma vie. Là on est vraiment dans ces musiques qui accompagnent les individus, qui les émeuvent au plus profond de leur être.
    Musique qui a accompagné ma jeunesse, mes longues promenades en solitaire, mes introspections, mes pensées tristes comme celles plus joyeuses… De l’espoir, de la découverte… juste un moment pour s’asseoir et siffler une des douze pistes de ce chef-d’œuvre.
    Avant de s’endormir.
    Sur la route.
    En suivant la rivière.
    C’est au moment de m’emporter et de commencer à raconter un peu n’importe quoi avec ces mots fugaces qu’on se rend compte du caractère extrêmement intime de l’œuvre. Partager son amour pour elle, c’est déjà donner un peu de soi. :)

  2. Salut Vincent. Effectivement, Automatic For The People est un album sombre mais propice à la méditation et au recueillement de façon à faire la part des choses pour repartir du bon pied dans la vie. Finalement, c’est l’un des buts de la musique: trouver l’apaisement à terme plus ou moins long ce qui constitue une forme bienfaisante de thérapie! Pour ma part, je me prends souvent à fredonner l’une ou l’autre de ces 11 chansons (New Orleans Instrumental n°1 ne compte pas car c’est un instrumental!) dans la campagne normande où parallèlement je laisse errer mes pensées. 😉

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