Découvert il y a quelques années lors de vagabondages sur YouTube à la recherche de covers, le groupe américain Miracles of Modern Science m’avait très vite emballé. Loin de la formule traditionnelle du groupe de rock, leur musique prend dès les premières notes une saveur particulière : la mandoline remplace la guitare ; la contrebasse, le violon et le violoncelle se joignent à la fête. Ce cocktail rafraichissant colle bien avec l’image que donne le groupe, à savoir faire une musique qui leur ressemble, sans se prendre trop au sérieux, tout en pariant sur l’originalité. Une espèce de sympathie naturelle se crée au fur et à mesure des clips vidéos et de leur communication proche du public sur les réseaux sociaux.

De la manière d’écrire à la façon de construire une notoriété sur le web en 2015, Evan Younger, chanteur et contrebassiste de la bande, s’est prêté au jeu des questions/réponses au moment de la sortie de leur dernier album, Mean Dreams. Your mom will like this.

miracles of modern science

CTCQJ : Commençons par la grande question : pourquoi Miracles of Modern Science ?

Evan : J’adore la manière dont ce nom sonne, c’est gros, vif et amusant. Ca correspond bien avec la musique que nous faisons. En plus, l’acronyme est « MOMS » (ndlr : « mamans » en anglais), ce qui nous fait encore marrer, même 10 ans après.

Cela fait onze ans que vous jouez ensemble, est ce que votre manière de travailler a beaucoup changé depuis vos débuts ?

Assurément. Au début, Josh et moi écrivions toutes les chansons ensemble et nous disions au reste du groupe ce qu’il fallait jouer. Mais avec le temps, nous sommes passés à un processus collectif d’écriture qui inclut beaucoup d’improvisation et une meilleure collaboration dans les arrangements.

Avez-vous des influences musicales communes ou propres à chaque membre du groupe ?

Les deux. Nous avons commencé avec de nombreuses influences communes, des groupes comme The Flaming Lips et The Unicorns mais aussi des artistes plus classiques comme David Bowie ou The Talking Heads. Néanmoins, nous avons chacun apporté nos influences propres notamment beaucoup de musique classique et de jazz. Avec le temps, nos gouts ont aussi bien divergé (nous avons grandi et découvert individuellement de nouvelles choses) que convergé puisque nous partageons nos découvertes ensemble.

Pendant que nous écrivions Mean Dreams, nous avons réécouté bon nombre d’albums rock des années 90 de notre enfance (Weezer, Third Eye Blind, Foo Fighters) tout en puissant dans le passé rock du monde entier: the B-52s, Yes, Bernhard Hermann, The Books, Wilco, Charli XCX…

Comme tout groupe de rock, vous avez connu quelques aléas avec notamment le départ de votre batteur Tyler Pines. Comment remplace-t-on un membre fondateur ?

« Adapte toi ou meurt », comme on dit… Perdre Tyler était très triste, mais Serge fut une excellente recrue – grâce à Craiglist (ndlr : sorte de Le Bon Coin américain) – et après deux ans d’écriture, d’enregistrement, de tournée, il fait définitivement partie de la famille.

Vous misez beaucoup sur le web pour vous faire connaitre à travers les réseaux sociaux et surtout YouTube. Est-il plus difficile de se faire une place via les médias numériques ou par les méthodes de communication traditionnelles ?

MOMS doit sa vie aux médias sociaux, Josh et moi nous nous sommes rencontrés aux débuts de Facebook et nous avons touché de nombreux fans à travers YouTube. J’adore le fait que nous pussions directement toucher des gens qui sont comme nous. Alors qu’avec la télé et la radio, c’est une question de chance qui dépend aussi du producteur et des goûts des programmateurs.

Votre chaine YouTube comporte de nombreux clips drôles et bien réalisés. Comment se passe la production de ces vidéos ?

Merci ! La plupart d’entre eux sont en fait filmés avec un iPhone à l’intérieur ou autour de ma maison, puis je réalise un montage sur Final Cut Pro. Lorsque l’on passe plusieurs mois à faire un album, à être obsédé par le moindre détail, les arrangements, le mixage, etc., c’est rafraichissant de faire des vidéos qui sont rapides, pas chers et spontanées. Cela dit, nous avons eu plus d’ambitions pour les vidéos de Mean Dreams : grâce à nos mécènes sur Patreon (ndlr : plateforme américaine de crowdfunding pour soutenir des artistes par un don régulier), nous avons filmé dans des endroits plus variés et utilisé du meilleur matériel pour lancer des concepts plus fous tout en essayant de conserver la légèreté, la spontanéité et l’esprit de nos premiers projets.

Vous avez sorti en cet été 2015 un nouvel LP, Mean Dreams, comment le définiriez-vous par rapport à vos autres productions ?

Mean Dreams est le premier album que nous avons enregistré totalement par nous-mêmes, à la maison, mais malgré cela, c’est notre album le plus abouti. Les chansons sont plus resserrées et plus concises que sur Dog Year et MEEMS. Cela nous a aussi donné la possibilité, en travaillant chez nous, de prendre de l’expérience sur les outils d’enregistrements.

Quelles sont les grandes différences entre la création d’un LP et d’un EP

Le processus n’a pas été si différent pour nous, c’est surtout une question de patience. Durant l’année 2014, lorsque nous avons écris et enregistré les premières chansons de Mean Dreams, nous avons pensé à différentes stratégies pour sa sortie et nous avons même réfléchi à proposer les morceaux un par un, comme des singles. Cependant, nous avons senti des thèmes récurrents dans notre écriture et nous avons décidé que les chansons fonctionneraient mieux ensemble.

La musique est sans doute l’industrie culturelle qui est le plus touchée par la « révolution numérique ». Comment peut-on encourager les internautes à acheter des albums ou venir en concert alors que la gratuité est omniprésente sur le web ?

Aller à des concerts, en parler à ses amis, faire passer le mot sur les réseaux sociaux. Dans notre cas, vous pouvez aussi nous soutenir sur Patreon.

Le salut peut-il passer par les plateformes de streaming comme Apple Music ou Spotify ?

En tant qu’auditeur, j’adore l’aspect pratique du streaming, donc en tant qu’artiste, je ne peux pas vraiment me plaindre de celui-ci. Le streaming peut être moins intéressant pour les labels et certains artistes, mais je crois que c’est une excellente chose pour la société dans son ensemble.

Quels sont les objectifs de MOMS à moyen terme ?

Notre attention a surtout été portée sur le fait d’être prêt lors pour la sortie de Mean Dreams, faire quelques clips et préparer la grande tournée nord-américaine de cet automne. Nous aimerions beaucoup venir en Europe ensuite.

Peut-on espérer vous voir en France dans les prochaines années ?

Nous l’espérons vraiment ! Ce n’est pas évident pour nous et nos encombrants instruments de nous déplacer jusque là, mais nous nous penchons sur cette option en espérant que quelque chose se fera bientôt. Les fans peuvent s’abonner à notre newsletter pour rester informés de nos dates de concerts.

Enfin, si vous pourriez faire un featuring avec l’artiste que vous voulez, qui choisiriez vous ?

Mystikal.

MeanDreams_cmiracles of modern science
Découvrez Mean Dreams et les autres albums de MOMS en cliquant sur l’image !

Merci à Xavierem pour son expertise linguistique !

About the author

Fondateur de CTCQJ un poil cinéphile mais aussi rockeur du dimanche, historien déchu, astronome nul en maths et amateur de foot croate. Spécialité: cinéma.

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