Détails sur le produitSi je vous dis groupes de fusion, c’est-à-dire ces groupes qui ont réussi à mélanger plusieurs genres musicaux pour créer un son unique, propre à chacun d’eux, vous me citez qui? Les Red Hot Chili Peppers? Rage Against The Machine? Faith No More? Ce sont des choix évidents mais j’en rajouterais un quatrième: Jane’s Addiction. Contrairement aux trois autres, ce nom n’a jamais vraiment eu la renommée qu’il méritait dans l’hexagone. Pourtant, au même titre qu’eux, il a durablement influencé le rock alternatif américain et bon nombre de groupes se réclament d’eux ou les vénèrent. Même Rolling Stone a inclus l’album dont il sera question ici ainsi que Nothing’s Shoking (1988) dans son classement des 500 meilleurs albums de tous les temps.

Au sein de Jane’s Addiction, on trouve un leader charismatique mais aussi narcissique ce qui aboutira, en partie à leur séparation en 1991: Perry Farrell. Un guitariste d’une efficacité à toute épreuve, Dave Navarro (celui qui remplacera John Frusciante des Red Hot au milieu des années 90). Enfin, une section rythmique d’acier composée d’Eric Avery à la basse et Stephen Perkins à la batterie. Ce groupe s’était fait remarqué après un deuxième album renversant, Nothing’s Shocking (cité plus haut, le premier album du groupe était un album live), croisement du Velvet Underground, de the Cure et de Led Zeppelin. Pourtant en 1989, c’est un groupe disloqué qui rentre en studio pour enregistrer la suite. En effet, comme je l’ai écrit plus haut, Perry Farrell avait des tendances narcissiques au point de vouloir s’approprier la quasi-totalité des droits d’auteur, ce que les trois autres n’acceptaient pas. De plus l' »addiction » à l’héroïne des membres du groupe ne facilita pas leurs rapports et eut même tendance à les isoler. A l’exception de Three Days, les musiciens enregistrèrent leurs parties respectives séparément.

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Mais l’année 1990 aurait été incomplète sans ce chef-d’œuvre d’audace et d’ambition musicale. On peut le diviser en deux parties. La première face est composée de chansons relativement courtes mais dont les structures sont habilement déconstruites ce qui ne les empêche pas d’être diablement excitantes, à commencer par Stop!, titre très approprié pour un début d’album. On retiendra également Been Caught Stealing, irrésistible ode au vol à la tire. La deuxième partie fait la part belle à des chansons aux compositions complexes qui pourtant s’enchaînent sans ruptures de rythme, comme si cela allait de soi et ce n’est pas un mince mérite! Three Days qui relate un ménage à trois (voir la pochette de l’album qui fut en partie censurée et remplacée par le premier amendement de la constitution américaine) peut incontestablement rivaliser avec les plus grands morceaux épiques de rock comme Stairway To Heaven ou Won’t Get Fooled Again. Of Course se montre envoûtant avec ses sonorités orientales tandis que Classic Girl démontre que Farrell pouvait se montrer tendre en amour derrière une provocation affichée.

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Le plus étonnant est que cet album plutôt difficile d’accès obtint un franc succès commercial, atteignant le top 20 américain à une époque où le rock alternatif américain commençait à s’imposer en force. Le groupe se paiera même le luxe d’afficher complet au prestigieux Madison Square Garden au printemps 1991 et Perry Farrell lancera la même année, le fameux festival itinérant Lollapalloza. Malheureusement le groupe, rattrapé par ses démons et ses tensions internes finira par se séparer avant la fin de l’année pour se reformer par intermittence dans l’avenir. Reste cet album unique et influent !

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Musicophage invétéré vivant au rythme de riffs grisants et autres lignes de basses cataclysmiques. Spécialité: musique rock.

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