En 1989, un bon nombre de vétérans du rock ont connu un sursaut créatif salutaire doublé d’un regain de popularité après une traversée du désert artistique. Ce fut le cas de Neil Young avec Freedom, Bob Dylan avec Oh! Mercy sans oublier Lou Reed avec son New York. A ces trois noms, on ne peut plus prestigieux, il convient de citer également Sir Paul McCartney avec ce Flowers in the Dirt d’une quasi-impeccabilité à tout point de vue. Comme les trois artistes cités, l’ex-membre des Fab Four a passé la plus grande partie des années 80 à traîner les casseroles d’albums à moitié réussis comme McCartney II (1980) ou carrément affligeants comme Press To Play (1986). De plus, la fin tragique de son ancien acolyte, John Lennon en 1980 l’a poussé à se mettre volontairement en retrait de la scène pour des raisons que l’on devine. Comme s’il avait eu conscience que sa carrière battait de l’aile et comme pour prouver qu’il était encore opérationnel, il a décidé de mettre les bouchées doubles pour l’écriture de cet opus en travaillant ses chansons de façon aussi minutieuse que possible, épaulé en cela par son fan de toujours, Elvis Costello. Bien lui en a pris car dans la jungle d’une discographie touffue et inégale, la cuvée 1989 figure parmi les disques de « Paulo » à posséder absolument.

La chanson d’ouverture, My Brave Face, premier simple à être extrait du disque, de par sa signification donne le ton pour la suite de l’album et s’avère tout simplement jubilatoire. Et ce n’est qu’un début! Par la suite, Paul McCartney tutoie des sommets qu’il avait perdus de vue depuis un bon moment. Des titres comme This One ou Figure of Eight ont été concoctés avec une grâce revitalisée tandis que Distractions renferme une profonde délicatesse qui pourrait presque s’apparenter à de la frivolité. We Got Married évoque la vie sentimentale de l’auteur avec sa bien-aimée Linda McCartney tandis que That Day Is Done témoigne de l’efficacité de sa collaboration avec Elvis Costello. Mais ce qui contribue à créer une réelle harmonie entre les titres est la production qui a été adaptée à leurs besoins. Des producteurs de renom tels Mitchell Froom (Richard Thompson, Suzanne Vega) ou Neil Dorfsman (Dire Straits) se sont relayés pour apporter leur savoir-faire et le résultat contribue à un disque soudé. A noter que l’édition française comprend un titre bonus: « Où Est Le Soleil? » que l’on peut juger sans grand intérêt avec le reste.

La publication de cet opus sera suivi d’une nouvelle tournée mondiale, la première pour Paul McCartney depuis 1976 alors qu’il était encore avec les Wings et viendra prolonger pour lui la magie des faveurs retrouvées auprès du public.

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Musicophage invétéré vivant au rythme de riffs grisants et autres lignes de basses cataclysmiques. Spécialité: musique rock.

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