1998, l’aventure Faith No More se termine et le leader Mike Patton, qui déborde de créativité décide de former un « supergroupe » avec Buzz Osbourne des Melvins à la guitare, Trevor Dunn de Mr Bungle à la basse et Dave Lombardo de Slayer à la batterie. Inutile de préciser que ce « All Star Band » a pris son nom d’après le personnage phare du cinéma français, ce qui laisse entrevoir la passion de Patton pour le septième art. Si ce personnage outrancier et excentrique avait déjà fait la preuve de son talent hors du commun par des jeux de scène volontairement grotesques et surtout de ses dons vocaux exceptionnels, c’est cette deuxième caractéristique qu’il va exploiter d’une façon jusqu’au boutiste avec Fantomas. L’aide des trois autres musiciens lui sera précieuse pour imposer d’emblée sa griffe musicale reconnaissable entre mille.

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Dès son premier album paru en 1999, le groupe s’appropriait les règles de l’avant-garde et remaniait les codes du rock pour son plus grand plaisir. La formule reste à peu près la même pour the Director’s Cut. Dans cet opus totalement déjanté, Patton et sa troupe reprennent de célèbres thèmes cinématographiques tirés pour la plupart de films cultes avec une préférence pour le genre horreur/fantastique. Sur des versions remaniées de fond en comble et très souvent à l’intérieur d’un même morceau, Patton, chante, chuchote, croone ou hurle avec une liberté pleinement assumée. Peu importe le ton sur lesquels il déverse ses sons ou ses paroles, il est capable de provoquer chez l’auditeur soit de réels frissons soit de le caresser dans le sens du poil. Les « La La La » de Rosemary’s Baby (le célèbre film fantastique de Roman Polanski) font froid dans le dos et que dire de sa diction remarquable pour « the Omen » (la Malédiction de Richard Donner). Les trois autres musiciens ne sont pas en reste et impriment de par leur jeu authentique, des climats réellement menaçants à l’ossature de ces relectures cinéphiles. Dave Lombardo tape sur ses fûts comme un possédé, King Buzzo se sert de sa guitare comme d’une tronçonneuse et Trevor Dunn fait adopter à sa basse une tenue discrète mais efficace.

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Vous vous en êtes sans doute rendu compte mais la mention « réservé à un public averti » pourrait s’appliquer avant l’écoute de cet univers difficile mais ô combien passionnant. Il est vrai que Fantomas est plus difficilement abordable que Faith No More qui lorgnait vers le grand public. Mais une fois surmonté ses préjugés, c’est un délice vénéneux de se plonger dans ces ambiances musicales aussi inquiétantes que prenantes!

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Musicophage invétéré vivant au rythme de riffs grisants et autres lignes de basses cataclysmiques. Spécialité: musique rock.

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