Night Lights (d’Elliott Murphy)

Night-Lights

Elliott Murphy: un de ceux qui dans l’histoire du rock passent facilement pour l’un de ces laissés-pour-compte que la malchance n’a pas quitté d’une semelle. Il est vrai qu’à la sortie de son premier disque Aquashow en 1973, la critique s’était enthousiasmée pour le talent singulier de cet auteur-compositeur qui fut comparé à Bob Dylan et c’est là où le bât a blessé. Cette comparaison fut certes, flatteuse mais s’avéra piégeuse dans la mesure où elle lui aliéna et la critique et le public. Conséquence de cela, ses albums suivants dont le chef-d’œuvre chroniqué ici passeront systématiquement inaperçu aux oreilles de beaucoup d’auditeurs. Mais ce fut un mal pour un bien car Elliott Murphy y gagna ses galons d’artiste-culte en publiant des albums à la qualité quasiment constante jusqu’à aujourd’hui, en particulier en France où il demeure depuis 1989.

Ce Night Lights constitue une porte d’entrée plus que convaincante pour pénétrer dans le monde doux-amer d’Elliott Murphy. On y trouve certaines de ses compositions les plus appréciées des fans comme You Never Know What You’re In For qui est également sa chanson préférée, celle qu’il joue à chacun de ses concerts. Mais on ne peut pas faire l’impasse non plus sur Diamonds By The Yard et son crescendo qui débouche sur l’un des plus beaux solo de guitare de toute l’histoire du rock, l’un de ceux qui filent des frissons même après de nombreuses écoutes et dont on ne se lassera jamais de la beauté. Isadora’s Dancers et Never Be As Old As You ont tout ce qu’il faut en qualité pour combler les mélomanes les plus exigeants. Enfin, Elliott Murphy s’est toujours entouré de musiciens prestigieux (Billy Joel et Phil Collins sont passés dans ses rangs!) pour mener à bien ses chansons personnelles et il leur a fréquemment renvoyé l’ascenseur en jouant à leurs côtés. Lorsque Bruce Springsteen passe en France, il n’est pas rare que Murphy accompagné de son fils Gaspard l’accompagne sur scène, le temps de quelques chansons chantées en duo ou trio.

Le public n’a guère réagi à la sortie de Night Lights en 1976 mais le temps n’a pas de prise sur ce disque remarquable aussi indispensable que d’autres merveilles d’Elliott Murphy comme Lost Generation (1975) ou Just a Story From America (1977). Dernière chose: leur auteur est fréquemment en tournée et s’il passe non loin de chez vous, n’hésitez pas à aller le voir. Certes, il ne joue plus qu’en acoustique mais il est fidèlement secondé par un vrai groupe de scène dont le guitariste Olivier Durand. En outre, énergie et émotion y font bon ménage!

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Musicophage invétéré vivant au rythme de riffs grisants et autres lignes de basses cataclysmiques. Spécialité: musique rock.

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