Détails sur le produitVoilà quelques temps que je n’avais pas mis les pieds dans un concert et autant dire que pour ce retour, je ne fais pas les choses à moitié ! Depeche Mode fait partie des pionniers de l’electro rock et ne cesse d’étonner par sa longévité dans un genre où les techniques ont pourtant vachement évolué depuis 30 ans. Alors certes les récents albums ne donnent plus vraiment lieu à des morceaux d’anthologie mais il serait fallacieux de dire que les anglais ont perdu de leur verve musicale. Au contraire, ils recherchent toujours de nouveaux sons qui résonnent toujours étrangement à nos oreilles et où se pose la voix si charismatique de Dave Gahan.

La première vidéo est prise avec mon téléphone, la seconde trouvée sur Youtube

Le Delta Machine Tour, comme son nom l’indique, fait suite au dernier album sorti il y a un an dans les bacs (et pas que). Caractérisé par des sons toujours plus chimériques et industriels que jamais, les fans plébiscitent ce nouvel opus qui, il est vrai, mérite le détour. Drogués à la scène, les bonhommes jouent près de 100 dates à travers le monde et entamaient en ce 23 Janvier, la dernière partie d’une énième tournée monstre. Premier constat en arrivant à la Halle Tony Garnier, ça sent la salle comble ! C’est toujours satisfaisant de voir tant de gens de générations différentes réunis autour d’un groupe, l’ambiance est bon enfant. Au moment de prendre place, petite erreur de ma part, je pensais qu’en prenant un billet dans les gradins latéraux, la vue serait plongeante sur la scène. Le plan de la salle étant bidon, je me retrouve en fait relativement loin et qui plus est entouré d’un public pas très énergique ! Une chose est sûre, je ne ferais plus jamais l’erreur d’être ailleurs que dans la fosse.

C’est le groupe Feathers qui fait la première partie. Une composition venant du Texas qu’on pourrait considérer comme les Depeche Mode au féminin ! Très proches musicalement, on apprécie donc cette mise en bouche même si les cœurs aigus de ces dames cassent les oreilles sur certains refrains.

Il faut ensuite attendre une bonne demi-heure avant que les stars de la soirée n’arrivent sur scène. Pendant ce temps, la salle se remplit tranquillement avec une musique redondante qui monte en intensité pour nous teaser. Réglés comme une pendule, les Depeche Mode arrivent à 21h pétantes sous les applaudissements généraux. Normal me direz-vous ! Le show débute avec Welcome To My World, extrait du dernier album qui ouvre au poil cette soirée musicale. Le charme opère très vite lorsque la voix de Gahan donne les premières paroles. Derrière lui, un écran géant diffuse des images live ou des vidéos qui permettent de s’imprégner plus que jamais de chaque morceau. Les formes géométriques se mélangent aux images du concert ou des clips pré-enregistrés, le tout boosté par des couleurs vives sublimées en HD. Rien ne nous échappe, même pour le spectateur perdu dans la masse !

Sur les vingt chansons, cinq de Delta Machine sont à l’honneur. Le public n’a pas été particulièrement sensible à ces morceaux, il y avait donc surement plus de curieux de la première heure que de vrais fans ou de personnes qui continuent de suivre l’actualité musicale. Il faut dire que hormis le premier quart de la fosse, il a fallu du temps pour que l’ambiance chauffe soit 8-9 titres qui n’étaient pourtant pas dépourvus de rythme ! Quelque peu déçu sur ce point, j’ai du mal à comprendre l’intérêt de payer sa place 60-70€ pour ne pas tripper.

Les morceaux cultes du groupe sont de la partie avec notamment mes préférés que sont Behind the Wheel, Precious ou Policy of Truth. Quel plaisir de gueuler ces refrains à pleine voix avec un Gahan qui harangue la foule et transmet son énergie débordante. Car oui, l’habitude ne change pas. Gahan dance, enlève son gilet, bref il fait le show ce qui plait d’autant plus aux admiratrices. Il est de la rare classe des showmen comme Michael Stipe ou Mick Jagger l’étaient. J’ai aussi été frappé par le relifting des anciennes chansons qui, à force d’être jouées des centaines de fois en live, évoluent. En plus d’éviter toute routine pour le groupe, cela nous permet de redécouvrir ces morceaux d’anthologie dans des versions plus abouties que jamais. Forgées par le live, le duo phénoménal Enjoy The SilencePersonnal Jesus dégage une puissance inégalable. Le public se prend alors complétement au jeu et ne peut que s’extasier devant les solos inédits ou ces intros qui font grimper l’excitation avant d’entamer les grands titres. Par contre, aucun extrait du précédent album Sound of The Universe alors qu’on y retrouvait les bases musicales de Delta Machine. Je pense au hit Wrong, à Jezebel ou à l’excellent opener qu’était In Chains.
La grande surprise pour moi a eu lieu pendant le « encore ». Ils ont osé ressortir Just Can’t Get Enough ! C’est avec ça que le groupe s’est fait connaitre en Europe au tout début des années 80. Autant dire que tout le public était à fond à ce moment-là. Mes doutes ont été très rapidement dissipés car le lifting a encore fait des miracles. Le batteur s’éclate et nous éclate pour ce qui est un des grands moments du concert. Ça restera dans les mémoires !

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Bien sûr, les autres membres du groupe ne sont pas en reste, l’inimitable Martin Gore nous endoctrine par son flegme et la puissance de chacune des notes qu’il joue. Il prend le micro à trois reprises pour des versions acoustiques au piano qui font office de transitions et calment le tempo d’une playlist pêchue. Mon big up de la soirée sera pour Christian Eigner, le batteur itinérant du groupe. Il régale du début à la fin en tapant de toutes ses forces des rythmes prenants, des roulements endiablés et des fills croustillants. Sans oublier les claviers d’Andrew Flecher sans quoi Depeche Mode ne serait pas Depeche Mode.

20 chansons en 2h de concert qui fut un régal. Depeche Mode a démontré une fois encore tout son talent dans un live où la totalité des morceaux ne souffre d’aucune contestation. On ne voit pas le temps passer et une irrémédiable envie de revivre un moment pareil résonne aussitôt dans nos oreilles. Heureusement, c’est un des très rares grands groupes à passer à chaque fois dans plusieurs villes de France pour le plus grand plaisir des amateurs de musique. R

Reach out and touch faith !

La setlist

• Welcome to My World
• Angel
• Walking in My Shoes
• Precious
• Black Celebration
• Should Be Higher
• Policy of Truth
• Slow
• But Not Tonight
• Heaven
• Behind the Wheel
• A Pain That I’m Used To
• A Question of Time
• Enjoy the Silence
• Personal Jesus

Encore:
• Shake the Disease
• Halo
• Just Can’t Get Enough
• I Feel You
• Never Let Me Down Again

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Fondateur de CTCQJ un poil cinéphile mais aussi rockeur du dimanche, historien déchu, astronome nul en maths et amateur de foot croate. Spécialité: cinéma.

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