Citoyens , Bonsoir.
Après une entrée en matière de jeux vidéo ICI, que certains qualifieront « d’ésotérique » et « d’underground » avec « Multiwinia : la survie du plus plat » (néanmoins de bon goût !), je vous propose de continuer l’initiation à travers la jungle vidéoludique.
Comme le seigneur de ce blog vous l’a peut-être déjà fait remarquer, il aime Napoléon, et c’est normal car il est français, et que dans ce pays il est et reste notre Empereur à tous, indétrônable et indétrôné. Bon, OK, il n’a pas tout à fait laissé la même image à nos chers collègues européens, mais peu importe, tout le monde l’apprécie ici, et gare aux espions des tyrans qui liront ces pages.

Découvrir l’histoire avec un jeu est bien plus sympa qu’un bouquin, et de nos jours ce n’est guère plus cher (mais bon attention hein, « RYSE son of Rome » sur Xbox One ou « 300 » au cinéma, ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour briller en société).

NIAHAHAAA, devinez quoi : une fois de plus, c’est la guerre. Vous aurez l’honneur de concentrer tous les pouvoirs dans la France Impériale, en refaisant les batailles à votre tambouille maison, et je l’espère pour vous, en rabattant le caquet de la perfide Albion.
Pour ceux qui ne connaissent pas la série des total war, il s’agit de jeux de stratégie qui ont très souvent su brillamment allier stratégie à l’échelle des nations, et tactique à l’échelle des batailles. Vous gérez votre empire sur la carte de l’Europe avec vos armées et vos ressources au tour par tour, et vous contrôlez le fil des batailles dans de très belles phases en temps réel, directement sur le terrain. Un point commun est caractéristique de toute cette série, c’est la facilité de prise en main, très agréable et intuitive, et dont l’opus Napoléon bénéficie parfaitement. Vous pouvez vous jeter dans cette série de jeu corps et âme, ils sont généralement bons et il y en a pour toutes les époques (antiquité, moyen âge, japon médiéval, et enfin guerre napoléonienne comme nous allons le voir). Seule mise en garde de ma part : ces jeux sont chronophages, et si vous accrochez, vous n’aurez plus de vie (sic…).

Mais sans plus attendre allons laver l’honneur de la France éternelle.
Le jeu vous propose un mode campagne avec gestion d’empire et des batailles, un mode batailles historiques (unités/terrains imposées) mais aussi des escarmouches contre l’IA (terrain et unités aux choix), et un mode multijoueur. Le solo est donc sensé être l’expérience de jeu la plus riche, puisque c’est lui qui permet de conquérir l’Europe. Je fais ici une parenthèse en précisant que ce jeu est en vérité un dérivé du total war « Empire », basé sur le même système, sorti peu de temps avant, et se passant 50 ans plus tôt. Bref, on y retrouve les mêmes mécanismes: création d’unités, améliorations de l’économie, des infrastructures, déclarations de guerres, boumboum panpan en ligne, conquêtes de villes et de territoires, etc etc… Toute l’économie et les activités annexes telles que l’espionnage, la diplomatie, la religion ou la technologie ne servent qu’à une chose : faire la guerre, à tout le monde et tout le temps (mais pas en même temps, sinon vous aurez vite fait de ridiculiser la Nation une seconde fois!).
Dans « Empire », vous pouviez conquérir le monde (Europe, Inde et Amérique), ce qui était très jouissif. Eh bien ici… il faudra vous contenter de notre continent ! Et c’est fort dommage, car « impossible n’est point Français », et là, force est de constater que nos appétits impérialistes seront très vite calmés par les possibilités qu’offre le solo.
En effet vous ne pouvez pas faire de conquête libre comme dans les opus précédents, et le scénario est toujours dans un cadre géographique précis : l’Europe, ou l’Italie, l’Égypte… Impossible d’atteindre le bout du monde tel Alexandre le Grand, et c’est bien dommage. Vous pouvez faire une conquête libre sur l’Europe en jouant uniquement… Les ennemis de la France !!! Un peu scandaleux, sachant que le jeu s’appelle « NAPOLEON : total war » et non pas « WELLINGTON : total war »…

De plus, la campagne est découpée en missions, dans les endroits précis décrits ci-dessus. Du coup, qui dit missions dit objectifs, et donc tant pis pour la liberté de mouvement et d’initiative. Et afin que vous soyez bien sûr de faire comme dans l’histoire plutôt que de la réécrire, les développeurs ont jugé bon de vous imposer un temps limité, totalement stressant et franchement chaud à respecter. Mais attention, si vous échouez à respecter les délais, PAN, c’est la DÉFAITE IMMÉDIATE, pas de recours, toutes vos conquêtes sont ANNULÉES, et vous RECOCOCOMENCEEEEZ.
Alors certes c’est un peu chiant dans la première mission au bout de 20 tours. Mais quand vous avez enfin débloqué la 4eme (seule des 5 se déroulant sur l’Europe entière, humhum…), et que vous avez dû vous battre pendant 50 tours contre le monde civilisé dans son ensemble, que le jeu vous signifie que zut, trop tard, votre Empereur est trop vieux, que le peuple français a décidé que vous deviez allez vous coucher car il est tard, et que toutes vos conquêtes et vos batailles avait été totalement VEINES… Alors là, ça fait moins rigoler, et vous vous rendez compte que les développeurs -anglo-saxons- vous ont encore une fois trollé.
BREF, le solo ne vous comblera pas car s’il est sympa dans son gameplay de total war classique, il est bien trop diminué par des contraintes scénaristiques et pseudo historiques.

Mais alors, que reste-il de la splendeur et de la poésie guerrière qui ont parfois entouré cette époque ?
Ce sont les batailles, graphiquement splendides, qui ont fait la renommé des total war. Celui-ci ne fait pas exception, et d’ailleurs il vaut mieux avoir une configuration solide pour pouvoir en profiter.

L’objectif est simple, vous devez défaire l’ennemi, en lui infligeant des pertes ou en brisant son moral par diverses manœuvres : encerclement, prise à revers, feux de flancs… C’est là que tout le potentiel tactique du jeu se révèle, et pour triompher vous aurez souvent besoin de ses veilles ruses de général aguerri. On pouvait donc s’attendre à ce que l’IA en fasse de même et nous offre du challenge. Eh bien il n’en est RIEN !!! Celle-ci n’a qu’une seule stratégie : foncer tout droit sur vos lignes, de front, en désordre, sous votre feu, et venir s’écraser lamentablement sur vos baïonnettes. C’est la même chose que vous soyez en facile ou en extrêmement difficile. Seule la rapidité avec laquelle elle vous chargera variera. En difficile ça marche parfois, car vous êtes submergé sans avoir pu exécuter la moindre manœuvre.
Pourtant ce jeu se voulait réaliste et y parvient sur certains points : toutes les unités ont un descriptif historique très poussé et intéressant (ça vous occupe pendant que l’IA tourne en rond, car oui parfois elle se perd un peu dans ses manœuvres simplistes). Les uniformes sont également identiques en tous points à ceux de l’époque, et nous pouvons saluer ce coté très immersif. Mais c’est le gameplay qui se montre décevant, car totalement arcade. En effet, historiquement, il faut savoir que les batailles de l’époque provoquaient à peu près 15 à 20% de pertes (sauf cas exceptionnel, comme la campagne de Russie). Le reste était dû à la maladie, à la désertion, et à la poursuite en cas de déroute (beaucoup mourraient tirés et plantés dans le dos, car faire des prisonniers n’était pas la priorité à l’époque…). Hors, dans les batailles du jeu, c’est la boucherie :il n’est pas rare de terminer avec 90% de pertes. Quand 60% de vos forces y sont passées, estimez-vous heureux, c’est une victoire éclatante.

C’est ainsi que nous arrivons à la dernière ressource du jeu: son multijoueur… Qui souffre à son tour des lacunes récurrentes de total war et de beaucoup de jeux en ligne : le déséquilibre entre factions et unités. Rajoutez à cela la mentalité « multijoueur », ultra compétitive, du « gagnant à tout prix », et vous aurez là l’un des jeux les plus dénaturé que vous puissiez trouver sur le marché. Pour vous donner un exemple, chaque partie commence par un « rules ? » où l’administrateur doit définir ses règles, que chacun sera censé respecter. Le jeu ne se suffit absolument pas à lui-même, et à chaque partie vous verrez des armées totalement irréalistes, avec un maximum d’unités d’élites du jeu rassemblées en une seule armée, et uniquement les civilisations majeurs (n’espérez pas gagner avec le Portugal ou l’Espagne…). En gros, il n’y a aucun romantisme ni côté chevaleresque dans cette communauté. Bien souvent celui qui joue la défense en campant sur ses positions remporte la partie.

Voilà, comme je l’avais prédit dans mon 1er article, je vous montrerai de bons jeux méconnus, et vous dénoncerai certains blockbusters qui ont trop bénéficié du marketing pour faire grimper les ventes. Alors certes, tout n’est pas à jeter dans ce « Napoléon total war » : les graphismes sont beaux, la dimension historique est très bien respectée, et la prise en main est très facile, trait fondamental des total war. Mais son gameplay simpliste et peu réaliste ne permet pas de revivre pleinement l’époque qui a pourtant grandement construite notre pays. Vous pourrez néanmoins l’apprécier comme un jeu de société entre amis, car une partie face à un visage connu, qui est là pour jouer et non pas uniquement pour gagner, permettra d’obtenir des batailles équilibrées et sympathiques. Je vous invite donc à passer votre chemin, et à vous rassasier sur Empire, ou d’autre total war, moins charismatiques mais bien plus réussis.

Sur ce, bonsoir citoyens, et bonne chance.
Kamaradniet.

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