Le Loup de Wall StreetAussi affolant soit il, le nouveau film de Maitre Scorsese raconte la vie du véritable Jordan Belfort. Ce golden boy a transformé son entreprise en geyser de dollars au point de ne plus savoir quoi en faire. Pire que l’amour, l’argent rend fou, con et aveugle. Trois caractéristiques létales pour vivre en société qui ont ébranlé la carrière de Belfort. Il aurait pourtant pu arrêter avant qu’il ne soit trop tard. L’homme était tellement sûr de lui, mais complétement à côté de la réalité, qu’on assiste à cette chute inévitable vers la prison.

A peine son diplôme obtenu, Jordan Belfort voulait croquer le monde en devenant millionnaire. C’est en fondant sa propre entreprise de courtiers et en abusant de la confiance de riches investisseurs qu’il réussi son rêve. Noyé sous l’argent, il peut tout se permettre: femmes, drogues, fêtes,… jusqu’au jour où le FBI s’intéresse à ses bénéfices records. Et là, c’est le drame.

Le Loup de Wall Street est long, il y en a pour 3h, mieux vaut apprécier DiCaprio avant d’entamer le morceau. Cependant, Marty lui offre un de ses tous meilleurs rôles au sein d’une filmographie qui commence à être en béton armé ! Capable de jouer des personnages complétement différents, il affirme une fois encore son exceptionnel talent d’acteur dans la peau de Jordan Belfort. Il a une gueule, moult manières de jouer et un charisme indélébile. Autour de lui, impossible de ne pas parler de Jonah Hill qui en quelques années est passé des teen movies de Michael Sera aux réalisateurs de luxe. Il devient meilleur à chaque film en jouant, lui aussi, des personnages toujours différents et hauts en couleurs. Cette fois, impossible de ne pas se marrer devant sa tronche affublée de grandes lunettes et de « dents fluorescentes » ! Comme à son habitude, Scorsese a l’art de créer des personnages. Qu’importe leur importance, la voix off qui nous accompagne n’a besoin que d’une phrase de présentation pour nous les rendre crédible. Le nombre de second rôles marquants dépasse l’entendement: le père de Belfort qui s’énerve d’un seul coup, le collègue à la moumoute, le majordome homo,… Il y aurait moyen de dire des tas de choses à propos d’eux alors qu’ils ne sont pas au centre de l’histoire. Une sorte de mythologie est mise en place, ce qui donne une densité et une crédibilité intouchable au film. Comme d’hab quoi !

Le Loup de Wall Street : Photo

La voix de off de DiCaprio accompagne le déroulement de l’intrigue, on ne se perd jamais malgré la complexité fondamentale du sujet (qui est ici loin d’être recherché). La grande différence avec Wall Street ou Margin Call est le ton qui se dégage du Loup de Wall Street. La première partie frise la perfection, c’est bourré d’humour et de dialogues croustillants, ces derniers étant le point fort du film. L’ascension du golden boy passe par la rencontre de son premier patron, une scène déjà culte avec Matthew McConaughey face à un Belfort débutant et loin de l’homme qui terminera taré des années plus tard. Le rythme fou et déjanté ne tient pas lorsque la comédie devient dramatique, les longueurs emboitent le pas dans des discours interminables et des scènes de fesses qui se multiplient. On ne compte alors plus le nombre de femmes nues (d’une beauté hallucinante je l’accorde) et de fornications qui passent sur l’écran. La gène remplace définitivement la drôlerie lorsque DiCaprio réalise son ultime levage avec sa femme. Pareil pour l’addiction aux drogues du principal protagoniste, un somnifère très puissant qui donne lieu à une paralysie des muscles. Voir un mec ramper en déblatérant des phrases incompréhensibles, c’est un revival de Johnny English mais sans Rowan Atkinson (sachant que c’était déjà pas le gag de l’année). A moins que c’était pour faire rire les petits enfants de Scorsese.

Et puis quand même, « Cocorico » pour Jean Dujardin qui endosse le rôle d’un banquier suisse poilant et sans scrupule. Sa french touch est mise à contribution à travers sa prononciation « not vèri goude » et son flegme qui fait fureur auprès des américains. En attendant son premier grand rôle outre atlantique dans The Company Men de Georges Clooney.

approved« Wolfie, Wolfie » ! Tel sont les mots que l’on veut scander pendant la première partie du film tellement le rythme effréné et pété d’humour nous saute à la figure. Sans pour autant décrocher, c’est compliqué de garder le cap pendant trois heures qui perdent en intensité au fur et à mesure de la chute du personnage. Alors qu’on nous montre la vie trop cool de Belfort, on tombe ensuite dans la déchéance totale d’un homme qui n’hésite plus à taper sa femme. Les pistes sont brouillées, on ne sais finalement pas quoi conclure de cette histoire malgré tout fascinante. Pour autant, le Loup de Wall Street n’en demeure pas moins un très bon film chapeauté par un des derniers génies du cinéma. La mise en scène est toujours au point, les dialogues géniaux sont nombreux et la bande son regroupe un ensemble de morceaux frais dans des genres différents comme chez Tarantino. Une chose est sûre, en sortant du film, vous pourrez vendre un stylo à n’importe qui.

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Fondateur de CTCQJ un poil cinéphile mais aussi rockeur du dimanche, historien déchu, astronome nul en maths et amateur de foot croate. Spécialité: cinéma.

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