Dallas Buyers ClubIl y a des films qui agitent la curiosité rien que par ses personnages. Dallas Buyers Club fait partie ce ceux-ci. Il faut aussi dire que la présence d’un Matthew McConaughey au casting est devenu ces derniers temps un gage de confiance. L’américain est désormais un incontournable sans jamais être passé par la case blockbuster. En choisissant à chaque fois des films indépendants, il a su trouver sa place dans des rôles complexes et pour la plupart inoubliables: le chasseur de prime véreux dans Killer Joe, l’homme solitaire dans Mud ou encore l’avocat de criminels dans La Défense Lincoln. A chaque fois, le texan a su donner vie à des personnages loin des standards hollywoodiens. Le point commun de la plupart des histoires mettant en scène McConaughey est qu’elles se déroulent dans sa région natale. Ca sent le Sud profond, l’Amérique d’en bas, un milieu sauvage ou les gens le sont tout autant. Dallas Buyers Club n’échappe pas à la règle, c’est bien au Texas que prend place le film du canadien Jean Marc Vallée. Tabernacle !

Dans les années 1980, Ron Woodrof apprend qu’il a le Sida. Jugeant le traitement à l’hôpital inefficace voir même dangereux, sa rage de vivre l’emmène à travers le monde où il déniche des médicaments interdits sur le territoire américain. D’après une histoire vraie, il crée un réseau où la revente de traitements permet à des centaines de malades de croire en un espoir de guérison.

Pourquoi tant parler de McConaughey (écrire son nom est à chaque fois un calvaire) ? Parce qu’une fois encore, il va plus loin dans son jeu d’acteur. Pour jouer Ron Woodrof, il a perdu 22kg, lui qu’on a l’habitude de voir baraqué fait un peu flippé, la transformation est violente. Ce n’est pas le seul car à ses côtés, Jared Leto est méconnaissable en travesti. Il avait délaissé le cinéma depuis Mr. Nobody sorti en 2009 pour se consacrer à son groupe de rock pour ados émos: 30 Seconds to Mars. Le duo est d’une crédibilité inouïe, ils incarnent leurs personnages avec une telle justesse que l’histoire prend tout de suite un sens, il se crée un attachement naturel.

Dallas Buyers Club : Photo Matthew McConaughey

Pourtant, au début des années 1980, qui plus est dans le trou de balle du Texas, le Sida est encore considéré comme une maladie réservée aux homos. Woodrof et encore plus ses amis n’acceptent pas cette idée, eux qui se prennent pour des bonhommes couillus avides de bières et de rodéo. Il faut d’abord se battre avec ses préjugés pour ensuite affronter la maladie. Pour se soigner, ou du moins pour survivre, les médicaments n’existent pas encore et les rares molécules  sont en phase de test. C’est là tout l’intérêt du film qui confronte les besoins des milliers de malades face au poids des lobbys pharmaceutiques voulant un monopole sur ce marché. Ainsi, en créant son propre réseau, Woodrof stabilise sa santé et celles des autres alors que les soins administrés dans les hôpitaux n’ont pas les effets escomptés.
Ce qui est fascinant dans ce film, et comme souvent dans le cinéma américain, c’est que malgré la gravité du sujet, une pointe d’humour et de second degré nous accompagne. Un peu comme dans 50/50 où Joseph Gordon Levitt joue un cancéreux qui tente de continuer sa vie habituelle. Dallas Buyers Club est moins touchant mais pose plus de questions. Par contre il faudrait arrêter de commencer les films par des scènes de fesses, c’est la quatrième fois sur mes six derniers ciné !

approvedParfois dur, parfois triste, parfois choquant, parfois drôle, Dallas Buyers Club nous fait passer par tous les états. En prenant à cœur un problème gravissime qui n’a toujours pas de solution, Jean Marc Vallée nous rappelle qu’il faut continuer le combat. Il interpelle d’abord sur les préjugés puis sur la façon dont le système pharmaceutique fonctionne. Bien sûr, ce sont les performances incroyables de McConaughey et Leto qui font la verve d’un film dont on se souviendra. Une chose est sûre, sortez couvert !

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Fondateur de CTCQJ un poil cinéphile mais aussi rockeur du dimanche, historien déchu, astronome nul en maths et amateur de foot croate. Spécialité: cinéma.

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2 Comments

  1. Petite faute dans la conclusion dans le nom de famille de McConaughey ! ^^
    Sinon très bonne critique, j’approuve totalement ! Très bon film.

    1. Exact je viens de corriger, trop compliqué ce nom ! :)

      Merci de me lire régulièrement ! 😉

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