Parce que tous les films ne méritent pas forcément de longues paroles, parce que sortir un article après chacune des sorties ciné est forcément chronophage quand on est un artisan blogueur, je n’ai pas toujours pris le temps d’écrire l’intégralité de ce qui se passe dans me tête. Certains diront qu’il ne vaut mieux pas et ce n’est peut être pas faux ! Pour autant, il serait dommage de ne pas dire quelques mots sur des petites trouvailles qui méritent le coup d’oeil ou des œuvres informes qui tomberont dans l’oubli. Ces critiques flash pour l’année 2015 sont un bon moyen de porter un dernier regard sur l’année écoulée, le recul en plus.

affiche 2015 FrankensteinFrankenstein (de Paul McGuigan)

Énième adaptation du mythique roman de Mary Shelley sorti en 1818, cette nouvelle version met en scène les deux brillants acteurs britanniques que sont Daniel Radcliffe et James McAvoy. Malgré un véritable effort esthétique dans des décors aux allures steampunks, les deux gaillards peinent à renouveler une histoire que l’on connait par cœur. Il y a bien quelques réflexions sur l’eugénisme ou l’éthique mais rien d’original à l’horizon. En somme, Frankenstein est un film correct, ni bon ni mauvais qui s’appréciera sans doute plus si l’on aime les deux principaux acteurs du casting.

Jurassic-World-afficheJurassic World (de Colin Trevorrow) 

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Loin d’être un fan des Jurassic Park, il a fallu attendre plusieurs semaines et son incroyable succès au box-office pour que je daigne payer ma place pour le quatrième film de la franchise. Steven Spielberg présent comme producteur exécutif, c’est Colin Trevorrow qui mène la danse, augurant par la même l’avènement de la génération des « yes man », ces réalisateurs inconnus capable de reprendre un cahier des charges sans faire le rabat-joie et pour pas trop cher. Deux arguments qui font le bonheur des producteurs hollywoodiens : le produit passe avant tout. Un grand nom derrière la caméra n’est plus l’argument des blockbusters milliardaires. Je dois dire que le premier épisode de Spielberg m’ennuie, hormis le temps de la découverte du monde extraordinaire des dinosaures et des répliques du génial Jeff Goldblum tellement charismatique. Voilà pourquoi, au contraire, Jurassic World fut agréable à mes yeux car en dépit d’être formaté comme il faut, l’aventure est bien rythmée avec tout un tas de scènes d’action sympas. Les dinos sont top et Chris Pratt a la dégaine du bon pote. Le combat final est complétement abusé mais dans l’ensemble, le divertissement de l’été 2015 était bien ce retour en Pangée. Cependant, dur d’imaginer qu’un nouveau film soit prévu tant l’histoire semble usée jusqu’à la corde.

Le_Pont_des_espions affiche

Le Pont des Espions (de Steven Spielberg) 

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2015 était l’année des espions entre Kingsman, Mission Impossible, Spy, U.N.C.L.E et bien entendu SPECTRE. Spielberg se joint à la fête, libre comme l’air de réaliser des projets plus intimistes qui lui tiennent à cœur. Enclenchée avec Lincoln, la dernière trilogie historique du cinéaste sent bon l’académisme mais transmet des émotions toujours plus profondes. Tom Hanks était forcément le meilleur acteur pour incarner le touchant James Donovan, un avocat engagé dans la défense d’un prisonnier soviétique pendant la Guerre Froide. En plus de nous montrer la réalité d’une époque troublée, Spielberg va plus loin en essayant de brouiller les stéréotypes et de comprendre les mentalités de deux blocs/civilisations antagonistes. Le rythme est très lent mais l’ensemble se vit et nous transporte par une mise en scène parfaite et une écriture qui l’est tout autant. Il faut dire que ce n’est pas un hasard avec un scénario signé des frères Coen, capables aussi de faire des trucs sérieux. En fait, il ne manque que la musique de John Williams (Spielberg a failli ne pas faire le film sans lui) mais le travail de Thomas Newman n’a rien de honteux.

Life afficheLife (de Anton Corbijn) 

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Rares sont les artistes aussi complets qu’Anton Corbijn. Le néerlandais, d’abord célèbre pour avoir été le photographe des idoles du rock depuis les années 1980 (Nirvana, R.E.M., U2, Radiohead en tête) mais aussi scénographe et réalisateurs de concerts (là encore R.E.M. mais aussi Depeche Mode), se mue désormais pour le cinéma. Quoi de mieux donc qu’un photographe pour parler des plus célèbres clichés de James Dean ? L’histoire derrière ce reportage photo pour Life est passionnant car il permet d’apprendre beaucoup de choses sur l’industrie du cinéma dans les 60’s et sur James Dean interprété brillamment par Dan Dehaan. Sa nonchalance en frustrera peut être certains mais l’authenticité du film réside aussi dans la justesse du jeu d’acteur. Pattinson n’est jamais aussi bon que quand il s’éloigne des sentiers de la gloire. Alors oui, on s’endort un peu mais Life est suffisamment enrichissant pour valoir le détour. Un peu de culture ne fait jamais de mal !

The-Lobster-afficheThe Lobster (Yórgos Lánthimos) 

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Si si, ce film d’art et d’essai entre clairement dans le top 5 de 2015. Un OVNI qui n’est pas simple a expliquer, et encore moins à défendre tant l’histoire et ses personnages sont tordus. Il faut bien le dire, The Lobster est un trip très particulier, objet d’absurde ultime qui manie un humour noir absolument délectable. Colin Farrell, en bouffi moustachu plutôt simplet, réside dans un hôtel dans lequel il a un mois pour trouver l’amour. S’il n’y arrive pas, il sera réincarné en l’animal de son choix. Un monde alternatif bizarroïde avec ses propres codes emmené par d’autres têtes d’affiches comme Ben Whishaw, Rachel Weisz (Madame Daniel Craig) ou Léa Seydoux. Profondément subtil, The Lobster bouscule nos représentations et s’impose clairement comme l’un des films les plus marquants et réussis de l’année écoulée.

The_Walk_Rever_plus_haut-afficheThe Walk (de Robert Zemeckis)

Avant-gardiste et technophile, le bon vieux Bob Zemeckis revient à un cinéma plus « traditionnel » à travers l’histoire du funambule français Jean Petit qui a réalisé son rêve de poser son fil entre les deux tours du World Trade Center. Très romancé et bourré de bons sentiments, The Walk a tout du biopic fantasmé comme le montre la vision de Paris dans les années 1970. Le film reste assez plat alors que le but ultime de notre personnage principal se met en place. Le climax que tout le monde attend reste tout à fait digne d’intérêt d’autant que le plaisir se prolonge mais notre esprit n’est pas subjugué comme le promettait certaines critiques après le visionnage du film en 3D. Une histoire intéressante à connaitre mais dont la traduction cinématographique n’a rien de bien spectaculaire.

Vice_Versa afficheVice Versa (de Pete Doctor)

Le grand retour de Pixar sur le devant de la scène est évident, la magie des studios emmenés par l’immense John Lasseter retrouve de son aura quelque peu perdue ces dernières années. La personnification des émotions est un terreau d’idées fertiles qui se traduit dans certaines scènes mémorables mais est malheureusement bridée par une naïveté inhabituelle dans un grand Pixar. Le voyage dans le subconscient d’une fillette sent trop la barbe à papa pour transporter les vieux spectateurs que nous sommes. Il y a bien des détours dans l’esprit d’autres personnages (ce qui se passe dans la tête du papa est hilarant) mais ces moments restent courts et nous laissent indéniablement sur notre faim. N’en demeurera pas moins le film préféré des psychiatres.

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Fondateur de CTCQJ un poil cinéphile mais aussi rockeur du dimanche, historien déchu, astronome nul en maths et amateur de foot croate. Spécialité: cinéma.

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