Un été ciné assez tranquille (ce n’est pas plus mal avec l’Euro), ponctué néanmoins de quelques sorties sympas.

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Elvis et NixonElvis & Nixon (de Liza Johnson)

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Plus une anecdote déjantée qu’un événement de l’Histoire américaine, la rencontre entre le président Nixon et Elvis Presley en 1970 est suffisamment improbable pour être racontée dans un film. Alors que le politicien veut se faire de la pub auprès des jeunes et que Elvis, au début de la pente descendante, veut devenir un agent infiltré dans la lutte anti-drogues, les deux hommes en apparence si différents se ressemblent en un point : leur identité américaine très vieille école. Dinosaures d’une époque qui disparait peu à peu, c’est surtout le personnage d’Elvis qui fascine quand le mythe fait oublier l’homme qui se cache derrière la laque, les bijoux et la légendaire gestuelle. Michael Shannon, qui n’a pourtant pas du tout la tête de l’emploi, joue ici l’un de ses meilleurs rôles. Une interprétation sans doute fantasmée mais ultra charismatique. Quant à la crainte de voir Kevin Spacey incarner Frank Underwood sous les traits de Nixon, elle est vite atténuée même si le rapprochement est inévitable tant il a personnifié son rôle dans House of Cards. Elvis & Nixon est un film drôle, légèrement satirique et qui va à l’essentiel : raconter une rencontre folle entre deux personnages hauts en couleurs.

Julieta affiche almodovarJulieta (de Pedro Almodóvar)

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La fascination d’Almodóvar pour les femmes fait partie de l’ADN du réalisateur espagnol. Avec Julieta, il revient aux films qui ont fait sa renommée comme Volver en mettant en scène des personnages féminins complexes et décalés, souvent malgré eux. Dans une Espagne où les couleurs chaudes donnent du caractère à chaque plan, on essaye de comprendre le passé de Julieta qui souffre secrètement de la disparition de sa fille depuis de longues années. C’est une femme abattue qui vit une tragédie familiale, elle se raccroche tant qu’elle peut aux souvenirs heureux qui l’unissaient avec sa progéniture pour retrouver sa trace. Les flashbacks s’enchainent mais s’intègrent très bien au récit, ils permettent de comprendre la personnalité torturée et les dilemmes qui habitent Julieta, ce qui déroule deux histoires sous nos yeux. Les hommes n’ont ici qu’une place secondaire, ils sont plus souvent des sources de problèmes et d’incompréhensions face aux émotions complexes et profondes de la gente féminine. Un film touchant et introspectif à classer dans les plus grandes réussites d’Almodóvar !

le monde de doryLe Monde de Dory (de Andrew Stanton)

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Suite plus ou moins directe du Monde de Nemo sorti il y a déjà 13 ans, l’amie du poisson clown prend cette fois le premier rôle. Elle se met à la recherche de ses parents qu’elle a perdu lors de son enfance, mais son absence chronique de mémoire immédiate lui complique la tâche. Forcément, l’aventure se base là dessus et prend dès lors un sens cocasse qui ne nous quitte jamais. Le savoir-faire Pixar se retrouve dans un premier temps sur l’animation et la direction artistique splendide des personnages à l’humour omniprésent : pensons à l’absurdité de phoques sur leur rocher ou des espèces d’oiseaux dégénérés. Il y a bien sûr la pieuvre cynique dénommée Hank qui vole presque la vedette à Dory et Nemo. Elle se balade avec une agilité effarante à l’aide de ses sept tentacules et sa prodigieuse capacité de camouflage qui profite même de quelques gags bonus au moment du générique final. Capable de plaire à tous, l’histoire suit néanmoins une progression qui ne surprend pas. C’est le fameux voyage du héros, livre de chevet des scénaristes d’animation. Heureusement, comme dans Toy Story, le récit baigne dans la subtilité (moins que chez Buzz et Woody certes) et rappelle que l’animation est aussi une affaire de grands : dans l’aquarium, le bassin aux poissons réservé aux enfants est un enfer à l’image de la salle de jeu des maternels pour les pauvres jouets maltraités. Drôle, haletant, bien foutu et attachant, Le Monde de Dory montre la recette Pixar dans toute sa splendeur.

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Fondateur de CTCQJ un poil cinéphile mais aussi rockeur du dimanche, historien déchu, astronome nul en maths et amateur de foot croate. Spécialité: cinéma.

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