Ant-ManTout juste sorti de prison, Scott Lang se remet aux cambriolages pour gagner l’estime de son ex-femme et de sa fille. Cette périlleuse destinée l’emmène chez le Docteur Pym, l’ami des fourmis, où il dérobe un drôle de costume qui le conduira à assumer de lourdes responsabilités.

Poule aux œufs d’or insatiable des gros studios américains, les films de super-héros s’enchaînent (et se ressemblent) depuis quelques années sous la forme de blockbusters qui tâchent. Conçus autour de budgets hors du commun et des effets spéciaux omniprésents, la recette fonctionne à merveille créant des bénéfices astronomiques au box office mondial. Et tant pis si c’est la même chose à chaque fois d’un point de vue narratif ou d’une banalité visuelle chronique. La tendance permet à chaque super-héros, aussi inconnus soient ils dans les comics, d’avoir leurs propres longs métrages financés à coups de gros millions. C’est avec une certaine stupéfaction que les reboots se multiplient (le troisième pour Spiderman en 15 ans) et les spin off tentent de former maladroitement des mythologies cinématographiques : le syndrome Avengers en somme.

Alors qu’en est il de Ant-Man ? L’homme fourmi peut faire soupirer, à se demander jusqu’où les blockbusters US iront pour nous sortir le quota annuel de super pouvoirs. Au moins, cette fois, il existe un minimum d’originalité dans le personnage principal qui peut, en une seule pression sur un bouton de son costume, devenir minuscule. Ces changements d’échelle sont bien foutus, assez fascinants, et rendent les scènes d’actions intéressantes. Grâce aux incessantes transformations, la chorégraphie des combats devient tout de suite plus pêchue et surprenante. Il est même dommage que cette force ne soit pas plus souvent exploitée, car en voyant le monde par cet autre point de vue, la mayonnaise aurait aisément pu prendre.Ant-Man : Photo

Et oui, il n’est point facile de faire une bonne mayonnaise. Parce que pour le reste, Ant-Man est un film qui patauge entre deux styles pas plus maîtrisés l’un que l’autre : la comédie et le blockbuster d’action. Très bizarrement, les deux se côtoient sans transition en alternant les scènes/répliques censées être drôles et la narration traditionnelle de la découverte des super pouvoirs au sauvetage du monde. Par conséquent, c’est reparti pour une dose de déjà vu. Le gentil looser divorcé voulant que sa fille soit fière de lui est un archétype indigérable. Ensuite, le professeur sage parmi les sages écrit pour un dessin animé TFOU ou une publicité Jean Louis David peine à élever l’intensité dramatique. Un peu de respect pour Michael Douglas, merde ! Bon, c’est quand même sympa de le voir à l’écran, en particulier cette première scène flashback au bon souvenir de sa filmographie 80’s.

On ne dira rien sur le seul rôle féminin principal dont la souffrance profonde vient de la mort suspecte de sa mère il y a bien longtemps dans une galaxie très lointaine. Non, autant parler du méchant vilain PDG qui aime la marge brute d’exploitation, quitte à vendre des technologies militaires révolutionnaires à des malfrats patibulaires. Corey Stoll n’est plus la victime de Franck Underwood dans la première saison de House of Cards mais bien le mauvais capitaliste sans peur et sans reproche. Son charisme sauve ainsi un personnage insipide. De même pour Bobby Cannavale et Michael Peña que l’on apprécie toujours de voir à l’écran mais ici, ils brassent vraiment de l’air.

Ant-Man : Photo Michael Douglas, Paul Rudd

Que dire de plus sur Ant-Man sinon que c’est un film de super-héros supplémentaire ? Bien que l’action soit soignée grâce aux agréables changements d’échelle, ce seul élément original ne suffit pas à faire un bon film. Avec son scénario bateau et son humour limité, Ant-Man ne sort pas du moule même si cette incapacité à trouver son ton lui confère un aspect bizarre qui le différencie, sans le vouloir, des autres productions Marvel ou DC Comics. Tout ça pour nous emmener vers une hypothétique suite et introduire un nouvel Avengers. Heureusement que Paul Rudd à l’air sympa, sinon on l’aurait mal pris…

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Fondateur de CTCQJ un poil cinéphile mais aussi rockeur du dimanche, historien déchu, astronome nul en maths et amateur de foot croate. Spécialité: cinéma.

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